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600 kilomètres en solitaire du Tibet au Népal

Lucie Boisjoli revient de loin

par Claudine Mainville
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Article mis en ligne le 9 février 2007 à 15:47
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600 kilomètres en solitaire du Tibet au Népal
Lucie Boisjoli au départ d’une grande aventure. (Photos : Courtoisie )
600 kilomètres en solitaire du Tibet au Népal
Lucie Boisjoli revient de loin
Lucie Boisjoli a parcouru 600 des 1000 kilomètres qui séparent Lhassa de Katmandou, les imprévus et les embûches de la Route de l’Amitié abordée en solitaire ont écourté le périple, mais la fierté et les richesses de cette expérience l’emportent sur les craintes des situations de survie.
«J’ai manqué d’eau et de nourriture, je n’ai pas bu durant deux jours. En altitude, ça devient critique de s’entêter dans des conditions qui mettent ta vie en danger. Après 17 jours, mon état physique exigeait une pause. Après une remise en forme je me suis rendue au camp de base de l’Éverest», a expliqué Lucie Boisjoli.

L’assistance de relais aux différentes étapes a été finalement inexistante et l’aventurière a dû tout transporter sur son dos, chercher les points d’eau, les abris, selon des informations parfois imprécises ou totalement erronées…«Je n’ai pas eu de chance dans les ententes prises qui auraient dû m’assurer une certaine sécurité et diminuer les efforts physiques, mais j’ai quand même réussi à parcourir les 600 kilomètres, j’ai rencontré des tibétains très généreux qui m’ont accueilli dans certains villages bien qu’ils disposaient de bien peu. Des enfants curieux d’apprendre une nouvelle langue, j’étais vraiment une curiosité dans les villages de montagnards», se rappelle-t-elle.

Lucie Boisjoli a dû amorcer son périple en solitaire et sans support. Dès les premiers jours, elle est tombée sur des personnes qui malgré les apparences n’avaient rien de bienfaiteurs. «Ils avaient une grande tente, il y avait des hommes et des femmes qui m’avaient invité à partager pour la nuit. Ils m’ont attaqué, les femmes n’ont pas réagi pendant que je me battais avec eux, je ne sais pas comment j’ai pu sortir de là…Enfin, j’ai couru durant des heures dans la montagne sans même savoir si j’allais du bon côté. Le lendemain, j’ai pu poursuivre ma route jusqu’à un relais avec un peu d’aide. J’étais traumatisée, je suis restée deux jours enfermée. Mais j’ai repris ma route…», raconte Lucie Boisjoli. Parmi les souvenirs difficiles, il y aussi les moments de silence, de lumière, et de plénitude mais encore la découverte de peuples assiégés par la Chine voisine, «ils construisent la route, il y aura encore plus de circulation et de contrôle, les Tibétains sont vraiment en difficulté».

Avant son départ en septembre dernier, Lucie Boisjoli avait réussi à recueillir plus de 7 000$, une somme qu’elle a remise à la Fondation des maladies du cœur. «Ce projet visait à sensibiliser la population et surtout les enfants à l’importance de l’activité physique sur notre santé. Les argents iront à la recherche mais mon expérience sera partagée avec les jeunes lors de conférences et d’échanges», a expliqué Lucie Boisjoli, qui sans un entraînement constant n’aurait pu entreprendre son projet et encore moins en revenir. «Et je continuerai à voyager et à découvrir les montagnes. C’est un monde dur qui est souvent sans appel. Par exemple, au retour d’une expédition nous avons aperçu un groupe qui amorçait la montée sur un autre versant, le lendemain j’ai appris qu’ils avaient tous été emportés par une avalanche…C’est aussi ça la montagne, il faut s’y préparer, s’en méfier mais aussi tenter et vivre l’aventure en s’en donnant les outils et les moyens. La bonne forme physique, c’est l’endurance, c’est le jugement et l’instinct, la clarté de la pensée dans des situations critiques», illustre l’aventurière. Elle revient avec le projet de repartir mais en même temps, l’idée de mettre en place les éléments nécessaires à la réalisation d’un rêve avec les personnes aînées.



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(Photos : Courtoisie )

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