Daniel Aubé, président du Syndicat des pompiers de Bois-des-Filion qui regroupe 32 pompiers à temps partiel, ne veut pas passer une autre année à négocier. (Photo Pépé)
Pompiers désespérés
Le Syndicat des pompiers de Bois-des-Filion qui négocie depuis mai dernier le renouvellement de la convention collective de ses membres, s'indigne de la ligne dure de la partie patronale sur un des seuls points restant en litige, soit l'heure du début du quart de disponibilité pour l'équipe de garde.
Bois-des-Filion est couvert en matière de sécurité incendie par un corps de pompiers à temps partiel, que l'on appelait aussi autrefois pompiers volontaires. Les pompiers ont tous un autre job ailleurs et s'inscrivent au service des incendies de BDF pour «réaliser un rêve», explique un membre de l'exécutif syndical, Stéphane Couture. «Les gars ne font pas ça pour l'argent, la preuve c'est qu'on a accepté rapidement les offres monétaires de l'employeur», ajoute-t-il.
Stéphane Couture, Benoit Gagnon et Daniel Aubé (président), les trois membres de l'exécutif syndical, désirent à cette étape cruciale des négociations informer la population des enjeux sur la table.
Il y a beaucoup de citoyens qui ignorent même que nous avons un service de pompiers à Bois-des-Filion (la caserne n'est pas identifiée) et que la ville possède pour près de cinq millions $ d'équipements et de véhicules, résument les trois membres de l'exécutif syndical pour expliquer leur présente sortie médiatique.
Parmi les derniers points sur la table de négociation, il y a la taille des équipes de travail que la Ville veut réduire de cinq à quatre pompiers et surtout l'heure du début du quart de garde.
Les pompiers désirent commencer leur quart de disponibilité à 18 h plutôt qu'à 17h, plusieurs travaillant à l'extérieur de Bois-des-Filion et devant faire face aux embouteillages de fin d'après-midi pour revenir à la maison. On demande donc à la Ville un accommodement… raisonnable!
Les membres de l'exécutif invoquent que les pompiers investissent beaucoup de leur temps personnel bénévolement pour suivre des formations, vérifier l'équipement, etc.et qu'ils n'obtiennent pas de considération de la Ville en retour.
Le syndicat a suspendu ses moyens de pression qualifiés de légers dans l'espoir de hâter la conclusion des négociations. L'atmosphère était cependant tendue avant Noël entre les cadres du Service de la sécurité incendie et les pompiers syndiqués qui ont boudé l'événement du 50e anniversaire du service. Et le dernier vote sur le projet de convention s'est soldé par un rejet de l'ordre de 95 %.
Pour les officiers syndicaux, c'est à la Ville de bouger et de faire un compromis.
Photo Daniel Aube-PP9473