Que de souvenirs à raconter pour Rita Brière, lauréate de l’Ordre du mérite blainvillois 2006. :(Photo: PéPé)
Rita Brière: une dame aux souvenirs pleins la tête à raconter
Lauréate de l’Ordre du mérite blainvillois 2006
Bien connue dans la région, Rita Brière, dame au caractère enjoué et personne toujours pleine d’entrain, raconte sur un ton humoristique et blagueur, l’histoire de sa vie de femme, de mère, de travailleuse et de grande bénévole, qui au fil des années, maintient le cap… malgré le temps qui passe!
Rita Brière est née à Sainte-Monique. Elle déménage ensuite à Sainte-Thérèse où elle étudie jusqu’à la septième année, car à cette époque, elle doit passer la plus grande partie de son temps à la ferme familiale, afin d’aider ses parents. De l’âge de 16 ans à 18 ans, elle est employée comme dame à tout faire dans une maison privée, et devient par la suite couturière à temps plein, et elle se marie l’année suivante. À l’âge de 22 ans, elle devient veuve avec trois enfants à nourrir. Elle se remarie en 1956 et déménage à Sainte-Véronique jusqu’en 1968, période où au cours de laquelle, elle met au monde quatre autres enfants. La famille se retrouve ensuite à Saint-Janvier; cependant la venue du nouvel aéroport de Mirabel l’oblige à s’exproprier à Blainville en 1973.
Premiers pas vers le bénévolat
C’est à cette époque (1974) que Rita Brière débute sa «carrière» de bénévole comme membre du comité du Centre d’animation Notre-Dame-de-l’Assomption, dans lequel elle organisera, pendant plus de 10 ans, des séances de films pour les jeunes et des soirées dansantes pour les adultes, afin de financer les activités du gymnase. «J’ai adoré mon expérience. Je voulais connaître d’autres choses que de prendre en charge la maison et les enfants. Ça m’a permis de voir du monde et de me faire des amis (es), car dans le nord, j’étais parfois isolée», avoue Mme Brière.
Une nouvelle passion
Après avoir organisé différentes activités de financement pour le hockey mineur, elle met sur pied «Loisirs Voyages Blainville», un organisme à but non lucratif toujours existant aujourd’hui, qui organise diverses sorties culturelles et touristiques. «J’ai organisé mon premier voyage en 1976, après m’être associée avec les Autobus Roland Bergeron. Nous avions rencontré Françoise Gaudet-Smett à Sherbrooke. C’est moi qui m’occupais de tout. Je crois que j’étais initiatrice dans mon domaine à l’époque. Mon mari travaillait de 4 h à minuit à la Cité de la Santé de Laval, donc il ne me dérangeait pas dans mon ouvrage (paroles dites sur un ton plaisantin). Cependant, j’avoue que c’était beaucoup de travail, mais j’aimais ça et j’en retirais beaucoup de satisfaction. Ce furent de belles années pour moi et je n’en garde que des bons souvenirs», raconte-t-elle.
Mme Brière rencontre encore aujourd’hui beaucoup de personnes âgées qui se remémorent cette époque avec un brin de nostalgie, mais avec nombre de «souvenances». Rappelons que ces voyages, réalisés dans une ambiance agréable, ont permis aux citoyens de la région de découvrir le Québec, les autres provinces du Canada et les Etats-Unis à un coût très avantageux. Parmi les endroits visités à cette époque, mentionnons la ville de Québec et son Carnaval d’hiver, les studios de télévision à Montréal et en province, le Théâtre des Variétés, la Place des Arts, les théâtres d’été, et bien d’autres.
Échanges et entraide
Pendant que Rita Brière continue son métier de couturière pour la compagnie «Confort», elle fonde en 1994, en compagnie de Jocelyn Coulombe, le café d’entraide «Le Blainvillois», lieu de rencontre, de partage et d’entraide pour les femmes. Ce projet durera jusqu’en 2002. De plus, lors de la création de la Maison des Jeunes de Blainville, elle participe à des rencontres d’échanges avec les jeunes, dans le but de rapprocher les générations. Comme passe-temps, Rita Brière s’adonne à la lecture et à l’écriture. Elle trouve même le temps d’écrire deux livres sur sa vie. «J’ai toujours aimé être en compagnie des gens, car j’aime le monde et j’aime ça quand ça bouge; c’est ce que j’ai fait durant toute ma vie… et ce n’est pas fini!», de conclure celle qui, au cours de sa vie, a participé à l’émancipation des femmes de Blainville. S’il y a un conseil que Rita Brière aimerait donner aux femmes, c’est bien celui de foncer, de ne pas avoir peur, et surtout de ne pas se fier sur les autres pour accomplir un projet. Comme elle le dit si bien dans un de ses livres: «Si tu veux du sucre à la crème, fais-toi en!».
Photo Rita Brière