Paule Fortier, présidente de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, veut mieux informer les enseignants et les parents sur les enjeux du «renouveau pédagogique». (Photo Pépé)
Il n'est pas question de suspendre ou d'arrêter la réforme scolaire
En réponse aux syndicats d'enseignants qui demandaient il y a peu de temps l'arrêt de la réforme scolaire au secondaire, la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles réitère sa profession de foi dans ce qu'elle appelle maintenant le «renouveau pédagogique».
Accompagnée des principaux cadres de la commission scolaire concernés par le sujet, la présidente de la CSSMÎ Paule Fortier rencontrait les médias locaux le 28 novembre, pour informer et rassurer les parents particulièrement, que l'on devine inquiets devant la remise en question systématique de la réforme scolaire par bon nombre d'enseignants et par des articles dans les médias.
La commission scolaire locale ne parle d'ailleurs plus de réforme scolaire comme ses profs, mais bien de «renouveau pédagogique», pour désigner la réforme de l'enseignement en cours, un glissement de langage qui n'est sans doute pas tout à fait innocent.
La présidente Paule Fortier a rappelé que le «renouveau pédagogique» en cours dans les écoles s'inscrit dans une mouvance mondiale visant à adapter les écoles à la réalité du 21e siècle, et plus localement, au Québec, à relever le taux de diplomation des élèves et à contrer le décrochage scolaire.
«Parce que nous y croyons profondément, notre Commission scolaire s'engage à poursuivre l'implantation du renouveau pédagogique au primaire et au secondaire. (…)
Mais nous comprenons qu'un tel changement nécessite du temps et des efforts. C'est pourquoi notre Commission scolaire met tout en œuvre pour assister le personnel enseignant en offrant le soutien, la formation et l'accompagnement. De leur côté, les enseignants ont la responsabilité de prendre en main leur formation», résume la présidente.
Sur un ton moins conciliant cette fois, Paule Fortier dénonce la «campagne de désinformation qui sévit présentement» et assure que la CSSMÎ verra à informer adéquatement les enseignants et les parents des enjeux du renouveau pédagogique.
La présidente invite les enseignants à participer activement aux différentes instances qui leur sont offertes, dont la Table de suivi de la réforme d'où ils sont absents en ce moment.
Objections rejetées!
En période de questions suivant l'allocution de la présidente, nous avons soumis plusieurs critiques et commentaires à propos de la réforme scolaire, avancés par les enseignants du secondaire de la région, lors de leur sortie médiatique en octobre dernier: «Qui arrêtera le massacre?». C'est surtout le directeur adjoint à la Formation générale des jeunes, Yves Boucher, qui a été envoyé au bâton pour répondre aux critiques, de même que le d.g. de la CS, Jean-François Lachance.
Sur le sondage tenu auprès des enseignants du secondaire de la région, où 86 % d'entre eux demandaient l'arrêt de la réforme au secondaire, on réplique que plusieurs répondants qui ne sont pas encore touchés par la réforme ont peut-être fait part là de leurs craintes…
À l'argument que le renouveau pédagogique en cours fonctionne bien avec les meilleurs élèves, mais n'est pas adapté à la clientèle se retrouvant massivement dans les classes avec une panoplie de difficultés d'apprentissage, on répond que le but principal, de donner du sens aux apprentissages, vient surtout motiver les élèves en difficulté ou ceux qui n'aiment pas vraiment apprendre.
La direction de la commission scolaire invite plutôt les enseignants à améliorer la réforme en cours et affirme que les profs ayant bénéficié des programmes de formation, au secondaire notamment, se disent très majoritairement plus à l'aise et comprennent mieux les objectifs et les méthodes proposés.
Photo presidente-PP1425