Martin Lauzon, président du Syndicat de l'enseignement secondaire des Basses-Laurentides, au sujet de la réforme scolaire et de la pédagogie par projet imposée à tous les élèves: «C'est comme envoyer un quadraplégique dans une école de hockey!»
(Photo Pépé)
La réforme scolaire: «Qui arrêtera le massacre?»
- Syndicat de l'enseignement secondaire des Basses-Laurentides
Les enseignants du secondaire de la région partent à nouveau en guerre contre la réforme scolaire, en cours d'implantation en secondaire 1 et 2, et dans une sortie publique d'une rare virulence, réclament l'arrêt immédiat de l'implantation de la réforme au secondaire.
Fort d'un tout récent sondage auprès de ses membres- sondage auquel ont répondu près de 40 % des enseignantes et enseignants-, le Syndicat de l'enseignement secondaire des Basses-Laurentides lance dans la mêlée les données suivantes…
Plus de 86 % des répondants au sondage demandent l'arrêt de l'implantation actuelle de la réforme au secondaire, de même que l'arrêt de son expérimentation à la Formation générale des adultes; plus de 94 % revendiquent la révision des programmes d'études et de la politique d'évaluation des apprentissages, afin d'assurer une évaluation plus systématique des connaissances; enfin, dans des proportions similaires de plus de 95 %, les enseignants consultés ne croient pas que la réforme va permettre d'augmenter la réussite scolaire au secondaire, ni la réussite des élèves en difficulté.
«Les élèves de la réforme sont de plus en plus faibles, les résultats aux examens ministériels le prouvent. La preuve n'est plus à faire, les élèves du Québec s'enfoncent dans des sables mouvants et le seul moyen de les en retirer est d'arrêter l'implantation de la réforme au secondaire et de revoir l'organisation pédagogique avec ceux et celles qui font vivre la pédagogie: les enseignantes et les enseignants», martèle le président du syndicat de l'enseignement secondaire de la région, Martin Lauzon.
Celui-ci expliquait en point de presse mercredi, que la pédagogie par projet qui est au cœur de la réforme et qui était déjà pratiquée par plusieurs enseignants avant la réforme- à l'enseignement alternatif par exemple-, ne convient pas à tous les élèves… «On a démonisé l'enseignement magistral et les connaissances pour béatifier la pédagogie par projet et les compétences. Diplômer à tout prix: c'était et ça demeure l'objectif premier de la réforme. Mais de quelle réussite parle-t-on?», s'indigne Martin Lauzon.
Les commissions scolaires doivent prendre position
Selon le syndicat local des enseignants du secondaire, les profs commenceraient à faire consensus pour le rejet de la réforme, et cela peu importe leurs allégeances syndicales et leur affiliation à une centrale ou à une autre; les parents sont dépassés par les modes d'évaluation des apprentissages et les élèves seraient les grandes victimes de l'opération, «pris en otage alors qu'ils servent de cobayes afin d'expérimenter la théorie de grands penseurs du ministère de l'Éducation.»
La réforme scolaire en cours au Québec, calquée sur le modèle suisse, devrait être stoppée, si l'on tient compte de sa remise en question en Suisse, affirme Martin Lauzon qui n'est pas satisfait des mesures d'ajustement préconisées par le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier.
Conscient qu'il y a un coût politique pour un gouvernement à arrêter la réforme scolaire en cours, les enseignants du secondaire de la région interpellent les commissions scolaires et plus particulièrement la CSSMÎ: «Son rôle ne serait-il pas d'écouter son personnel qui dénonce la réforme depuis des années? Son rôle n'est-il pas de placer l'élève au centre? Du moins c'est ce qu'elle prétend faire. Qui se lèvera, à la CSSMÎ, pour dénoncer cette réforme? Travailler pour l'élève, ce n'est pas nécessairement obéir au doigt et à l'œil à des directives ministérielles, c'est plutôt être capable de remettre en question des décisions dans le plus grand intérêt des enfants», conclut le président syndical Martin Lauzon.
Mais ne vous attendez pas à des gestes d'éclat de la part des enseignants dans les écoles, car les dernières lois qui ont bouclé les négociations avec les profs contiennent de lourdes peines en cas de moyens de pression. Aussi, la prise de parole publique sera privilégiée par le syndicat, annonce le président syndical.
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(Photo Pépé)