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Pénurie de pharmaciens dans les établissements de santé

L’A.P.E.S. réclame des gestes significatifs

par Claudine Mainville
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Article mis en ligne le 23 octobre 2006 à 14:55
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Pénurie de pharmaciens dans les établissements de santé
La présidente Francine Lussier-Labelle et la directrice générale de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec Linda Vaillant veulent renverser le mouvement générant une pénurie des effectifs et la diminution des soins dans le secteur public. (Photo : Pépé )
Pénurie de pharmaciens dans les établissements de santé
L’A.P.E.S. réclame des gestes significatifs
L’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) réclame des mesures significatives pour garder en poste ses membres et convaincre les nouveaux diplômés de compléter une maîtrise pour pratiquer dans les établissements de santé.
Dans le cadre d’une tournée provinciale, la présidente de l’association Francine Lussier-Labelle et la directrice générale Linda Vaillant ont offert des rencontres avec les médias pour mieux faire connaître le rôle des pharmaciens dans les centres hospitaliers et les centres de soins de longue durée et les impacts de la pénurie actuelle dans les soins. De plus, des réunions avec les membres de chaque région sont prévues pour discuter des résultats d’une étude réalisée au printemps dernier, dont une s’est déroulée mercredi dernier à Saint-Jérôme pour la région.

«Dans la région des Laurentides on parle d’un manque d’effectifs général de 27%, ça signifie dans les établissements une réduction des heures de service auprès des patients hospitalisés, la diminution des heures d’ouverture de la pharmacie. Le suivi des patients et la collaboration avec les équipes soignantes sont également réduits, ce qui affecte les soins offerts dans les établissements», a expliqué la présidente Francine Lussier-Labelle. Les équipes de pharmaciens dans les établissements comme l’hôpital Saint-Eustache et l’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme doivent compter au moins une dizaine de membres. Les CHSLD doivent aussi s’assurer que les pharmaciens soient en mesure d’offrir le suivi de la médication, les ajustements des thérapies et les révisions des dossiers pharmacologiques. Dans les établissements de santé, la présence du pharmacien et ses relations directes avec le patient sont particulièrement importantes dans les services d’oncologie, de dialyse, de gériatrie et de soins intensifs.
Concurrence du secteur privé
Le secteur privé, notamment la multiplication des pharmacies ainsi que les conditions offertes aux nouveaux diplômés grugent les effectifs depuis les années 80. «Pour pratiquer dans le secteur privé, les pharmaciens doivent détenir seulement un baccalauréat, alors que dans les établissements de santé une maîtrise est exigée, ce qui signifie seize mois supplémentaires d’études. De plus, avec une formation moindre, les pharmaciens obtiennent une rémunération supérieure de 25% à 40% avec des avantages sociaux maintenant comparables au secteur public. Le secteur public se vide de ses ressources et les nouvelles recrues choisissent le privé», précise la directrice générale de l’A.PE.S, Linda Vaillant. Le manque d’effectifs génère une surcharge sur les pharmaciens en poste, ce qui peut entraîner une détérioration du climat de travail.

L’intérêt de la profession réside dans la spécialisation, la recherche clinique, le suivi des patients et la participation aux équipes multidisciplinaires.

Pour contrer le mouvement, l’association demande la reconnaissance à titre de spécialistes des pharmaciens et la concentration de leurs interventions dans les soins pharmaceutiques cliniques. On souhaite également la révision des actes et tâches afin de profiter d’un meilleur soutien technique, la modernisation des installations et outils de travail, et l’assurance d’un meilleur équilibre entre les conditions des secteurs privés et publics.

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(Photo : Pépé )

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