L'AVENIR SE VEUT PETIT
L’avenir se veut petit
Benoit Charette
Le marché de la voiture compacte défini véritablement le marché Canadien de l’automobile. Tout constructeur qui veut réussir au pays se doit de réussir dans la voiture compacte, sinon il est voué à l’échec. Pour donner une idée de l’ampleur de ce segment de marché, il représente 50,8% des ventes totales sur le territoire Canadien. Le Québec est la province qui arrive au premier rang avec plus de 60% des ventes qui sont attribuables aux petites voitures. Si on reculait à l’an 2000, ce même marché à l’échelle canadienne représentait 34,6 % du volume des ventes et un peu plus de 50% pour le Québec. Le sommet des ventes a été atteint en 2008 avec 841,147 véhicules compacts et sous-compacts vendus au Canada, contre un peu plus de 700 000 en 2009. Les analystes prévoient une recrudescence avec l’arrivée dans les prochains mois et les prochaines années de nombreux modèles dans ce segment comme le Ford Fiesta, le Mazda 2, la Chevrolet Spark pour 2010, Le Ford Focus, une nouvelle Chevrolet Aveo sont aussi pour bientôt sans oublier toute la nouvelle gamme de produits Scion chez Toyota. Ces statistiques démontrent que les Canadiens sont des acheteurs raisonnables qui regardent leurs besoins avant les apparences. Il s’agit également du segment de marché qui est le plus compétitif au chapitre des prix. La guerre aux dollars est constante et les marges de profits sont minces pour les constructeurs qui se battent pour quelques centaines de dollars de profit par véhicules. Le volume de vente est donc très important ici, car c’est au volume que les constructeurs peuvent se rattraper.
Une espérance de vie plus courte
Autre statistique intéressante à propos des petites voitures (incluant aussi les camionnettes compactes et les petits utilitaires), plusieurs études américaine et canadienne démontrent que c’est aussi le segment qui a la plus courte vie utile sur la route. C’est aussi le segment de marché qui se déprécie le plus rapidement. Outre les petites voitures, les constructeurs prévoir que les petits utilitaires auront la cote dans la prochaine décennie. La part de marché de ce segment a plus que triplé au cours des 10 dernières années. Il est vrai que les Canadiens aussi aiment les utilitaires. Mais contrairement à nos voisins du sud, nous achetons majoritairement des modèles compacts avec des moteurs 4 cylindres beaucoup moins gourmands.
Les meneurs à ce «petit» jeu
Qui sont les constructeurs qui se sont le mieux tirés d’affaire au cours de la dernière décennie au chapitre de la progression en pourcentage de ventes dans ce segment ? On se doit d’abord de mentionner Nissan qui a connu une progression de 266% grâce entres autres à l’excellente performance de la Nissan Versa qui est rapidement devenu un modèle phare dans la catégorie des voitures sous-compate. En deuxième place, c’est Subaru qui a augmenté ses ventes de 249,8 %. Ce dernier n’a pas le volume de vente des grands constructeurs, mais a marqué beaucoup de point avec l’Impreza. Hyundai à 185% et Kia à 137 % d’augmentation suivent. Si on regarde maintenant en termes de volume ou d’unité vendues, Toyota mène le bal avec 18,2 % du marché, suivi par Honda à 12,9% et Hyundai à 11,9%. Ford et GM ont réussi, malgré des baisses de ventes significatives à conserver des parts respectives de 10,7 et 10,6%. Pour GM, il s’agit toutefois d’une forte baisse car, au début de la décennie, il était au premier rang au chapitre des ventes absolues de petits véhicules devant Toyota, il se retrouve à la fin 2009 en 5e place avec une perte de plus du tiers de ses ventes en 10 ans. Il faut dire que l’année 2009 a été très difficile avec des ventes en baisse de 43,8 % dans ce segment de marché. Il faut aussi mentionner Chrysler qui a perdu la moitié de sa clientèle dans ce segment entre 2000 et 2010. Chrysler qui avait 9,9 % du marché au début des années 2000 est descendu à 4,4% à la fin 2009 le plaçant au huitième rang. Chez les constructeurs américains c’est encore une fois Ford qui s’en est le mieux sorti avec des parts de marché de 11,4% en 2000. Le marché a baissé à 9% à son plus bas et remonté à 10,7% à la fin 2009.
Un segment de marché fort
La guerre de tranchée va continuer et les nouveautés vont se multiplier surtout avec les nouvelles réglementations plus sévères sur les émissions polluantes. Pour le consommateur, c’est une bonne nouvelle, car cette forte compétition jour toujours à son avantage.