À l'aube de sa 17e année en police communautaire dans la région, Martin Charron a reçu une reconnaissance ultime sous forme du Prix de reconnaissance en police communautaire 2009. (Photo Étienne Routhier)
Un prix qui vient souligner seize ans de police communautaire
Le policier Martin Charron de la Régie de police Thérèse-De Blainville a reçu récemment le Prix de reconnaissance en police communautaire 2009, à l'occasion du séminaire Intersection à Québec, un hommage qui tombe à point pour souligner 16 ans de police communautaire dans la région de la part de ce touche-à-tout.
C'est donc depuis 1993 que Martin Charron œuvre en police communautaire, d'abord au Service de police de Sainte-Thérèse, puis à la Régie de police Thérèse-De Blainville depuis sa création.
La police communautaire, Martin Charron est tombé dedans quand il était petit (oh ça fait pas mal longtemps qu'il ne l'est plus… petit!), alors qu'il a eu pour modèle son grand-père, policier à la Ville de Montréal, à l'époque où les policiers patrouillaient à pied le centre-ville, entraient dans les commerces pour se réchauffer et entamaient alors des discussions avec les tenanciers.
Échanger, créer des liens de confiance, communiquer sont les leitmotivs qui ont incité le jeune policier qu'il était à Sainte-Thérèse à descendre de sa voiture-patrouille et à aller faire quelques paniers avec les jeunes dans le parc…
Au fil des ans, Martin Charron a noué des liens avec les organismes communautaires et ceux du réseau de la santé et des services sociaux, participé à des tables de concertation de ceci et de cela. Il rend tout le crédit à deux organisateurs communautaires du CLSC de Sainte-Thérèse, Robert Bourque et Roger Barrette, qui lui ont permis les premiers partenariats entre la police et le monde communautaire dans la région.
«J'étais un peu à contre-courant, surtout à l'âge que j'avais», explique-t-il, alors que dans les années 1990 la police communautaire n'était pas encore un concept très à la mode. Aujourd'hui, Martin Charron reconnaît que c'est plus facile, parce que les jeunes policiers qui sortent de l'Institut de police sont gagnés à cette approche. D'ailleurs, on l'invitera éventuellement à l'Institut de police, pour qu'il témoigne de ses réussites sur le terrain reliées à la philosophie de la police communautaire qu'on y enseigne.
Un nouveau souffle
Même s'il en a toujours «mangé», de la police communautaire, Martin Charron admet que ce fut parfois essoufflant et que «La Régie a donné un deuxième souffle à ma carrière», en créant une équipe autour de lui, une équipe mixte faite d'enquêteurs et de préventionnistes, ce qu'il croit être une première dans les corps policiers au Québec.
Martin Charron est le quatrième policier au Québec à recevoir ce prix de reconnaissance en police communautaire, depuis qu'il a été créé. «Ça fait des petits à l'intérieur de l'organisation, ça confirme à la direction qu'on est dans la bonne voie.» Et sans doute plus que tout, ce prix confirme à Martin Charron que le type de pratique policière qu'il a choisie, fortement influencé par le modèle de son grand-père maternel, n'est pas seulement celle qu'il préfère, mais une forme d'intervention dont les mérites sont maintenant reconnus à l'échelle du Québec. Ce n'est pas rien!