Serge Dion, Michel Audet et Richard Côté, panellistes invités à la Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville.
(Photo : Pépé )
La relève se prépare dès maintenant
Conférenciers à la CCITB
Trois conférenciers, Michel Audet président du Groupe de travail sur la gouvernance des PME, Richard Côté vice-président Direction financement des grandes entreprises chez BMO et Serge Dion président directeur général du Centre de jardin Dion, ont conseillé les gens d’affaires sur la préparation de la relève dans leur entreprise, lors du midi d’affaires du 22 avril dernier.
Les statistiques alarmantes de la survie des entreprises familiales, et ce qu’importe leur ampleur, à la deuxième et surtout à la troisième génération, ne démentent par le besoin pour les gens d’affaires de préparer la relève. «Idéalement si l’on dispose de dix ans pour préparer sa succession et que chaque étape est rigoureusement respectée, l’entreprise n’aura pas d’impacts négatifs. Mais généralement le délai est plus serré et les dirigeants ne vont pas chercher l’aide des professionnels», assure Michel Audet. Malheureusement, une seule entreprise sur trois survivra à la deuxième génération et seulement une sur dix se rendra à la troisième génération.
Il faut cinq à 8 ans, faire le choix de son successeur et le soutenir dans le développement de ses compétences. «Il doit connaître et obtenir la confiance des employés, des fournisseurs et des clients. Sa crédibilité est essentielle au maintien des relations. Le transfert des connaissances et de l’expertise nécessite un partage des informations et du pouvoir. C’est-à-dire laisser progressivement sa place…», ajoute-t-il.
Le choix d’un successeur parmi plusieurs membres d’une famille pose parfois des difficultés qui mènent à l’éclatement de la cellule, autant dans la famille que dans l’entreprise. «Il faut se faire aider par des professionnels, qui eux feront preuve de l’objectivité nécessaire et recommanderont leur selon des critères indépendants des liens affectifs, etc. La décision de personnes externes est plus acceptable et équitable pour tout le monde», conviennent les conférenciers.
Serge Dion, lui-même l’un des successeurs des entreprises familiales, président directeur général du Centre des Jardins Dion, a vécu ces transformations et s’apprête à voir la troisième génération accéder à la direction. «Nous sommes cinq associés dans deux grandes entreprises. Chacun a son rôle et c’est respecté. Le respect du père pour le fils ou la fille qui prend sa place, et inversement est important dans ce processus. Entre les associés, il y aussi cet aspect important. Nos jeunes s’apprêtent à prendre la relève, et de plus ils ont des études. Mais, il ne faut jamais oublier d’où l’on vient», se réjouit-il.
La survie des PME est vitale pour l’économie, il faut donc qu’elles disposent des bons outils lors des choix, de l’élaboration d’une vision d’avenir et des prises de décision pour parvenir aux objectifs fixés. «Cette vision doit être maintenue par les successeurs, quand la PME arrive à maturité, il vaut mieux bien s’entourer, choisir les bons collaborateurs, distinguer l’intérêt de l’entreprise de ceux de la famille…Ce n’est pas toujours facile sans l’aide de professionnels», ajoute-t-on.
«Si les jeunes ont les capacités et les compétences, il leur faut aussi que l’on leur laisse la place, et les financiers leur fassent confiance. Jean Coutu n’avait plus de liquidité pour acquérir sa deuxième pharmacie, un banquier lui a fait confiance…avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui…», donne pour exemple Michel Audet.
(Photo : Pépé )