«Tombés au combat!»
Le président du Syndicat de l'enseignement secondaire des Basses-Laurentides, Martin Lauzon, émettait ce communiqué de presse le 14 avril, sur la question de l'épuisement professionnel des enseignantes et enseignants.
«Depuis le début des années 2000, le phénomène de l’épuisement professionnel est en pleine explosion dans le monde de l’éducation. Les enseignantes et les enseignants tombent au combat les uns après les autres, laissant les élèves avec de nouveaux profs qui, à l’occasion, tombent à leur tour. Nous pourrions croire que les élèves sont de plus en plus difficiles et que cela entraîne la croissance de ce phénomène alarmant. Les élèves ont-ils tant changé depuis quelques années? Je ne crois pas.
Par ailleurs, en questionnant les nombreux enseignants et enseignantes qui sont en invalidité pour épuisement professionnel, vous découvrirez les raisons qui expliquent le tout et elles sont généralement en lien avec des décisions du ministère de l’Éducation ou de la commission scolaire. La détérioration des conditions de travail, l’imposition d’une présence obligatoire à l’école, une réforme complètement ratée, l’intégration massive des élèves en difficulté et une ingérence de certaines directions dans les pratiques pédagogiques sont toutes des réponses que les enseignants et enseignantes en repos forcé vous donneront.
Certains élèves ont vu la moitié de leurs enseignants quitter l’école et si la réussite des élèves est au cœur des préoccupations du ministère et des commissions scolaires, ces derniers doivent agir rapidement et efficacement en soutenant leur personnel au lieu de le contrôler. Aujourd’hui, nous demandons à nos employeurs de prendre tous les moyens afin de permettre au personnel enseignant d’exercer sa profession en toute liberté, ce qui contribuerait fortement à diminuer l’épuisement professionnel. En redonnant l’autonomie professionnelle aux enseignantes et aux enseignants, nous améliorerons les conditions dans lesquelles ils travaillent et, du même coup, la qualité d’enseignement offerte aux élèves.
La tâche enseignante est de plus en plus lourde et, pour offrir un service de qualité continu, nous aurons besoin de l’aide de tout un chacun. L’épuisement des enseignantes et des enseignants est un problème majeur, où tout le monde est perdant. Des solutions sont simples et évidentes, mais elles exigeront des dirigeants un minimum de confiance envers leur personnel.»