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Un modèle de dignité et de solidarité

Commémoration des 40 ans de l’expropriation à Mirabel

par Claudine Mainville
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Article mis en ligne le 5 avril 2009 à 6:00
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Un modèle de dignité et de solidarité
Martine Raymond, fille de Jean-Paul Raymond, a relaté toutes les étapes de l’expropriation et du mouvement dirigé par son père pour défendre les expropriés et réclamer la rétrocession des terres.
Un modèle de dignité et de solidarité
Commémoration des 40 ans de l’expropriation à Mirabel
Un jour fatidique et tragique pour près de 10 000 personnes réparties dans quatorze municipalités, le 27 mars 1969, le gouvernement fédéral dirigé par Pierre-Elliot Trudeau annonçait l’expropriation de 97 000 acres des meilleures terres du Québec, pour construire un aéroport aujourd’hui abandonné.
Pour commémorer l’anniversaire de ce triste jour, les expropriés et leurs descendants, étaient rassemblés vendredi dernier, à la salle paroissiale de Sainte-Scholastique. Les souvenirs d’enfance se mêlent aux images des maisons incendiées, des jardins détruits, des granges et des récoltes disparues. Les témoins de ce bouleversement, ont réagi aux menaces et à l’injustice, en résistant et en s’organisant. Les réunions à la salle paroissiale ont vite donné lieu à des mouvements de solidarité propres aux gens de la terre.

Mêmes devenus locataires des terres ancestrales, les expropriés ont décidé de rester et de résister. Les Jean-Paul Raymond, Rita Lafond, Denise Beaudoin, ont rassemblé les familles et dénoncé l’évidence du gaspillage des ressources, les réseaux collés au pouvoir, la destruction des communautés, la folie de grandeur au nom du «progrès».

Les promesses: 100 000 emplois, un train reliant le centre-ville de Montréal à Mirabel, des routes, des autoroutes, etc. Le CIAC a dévoilé au public l’ampleur du désastre à force de manifestations, d’actions spectaculaires, de dossiers documentés.

«Je comprends les personnes qui ont tourné la page et qui veulent à tout prix oublier. Ce n’est pas facile de revivre les émotions de ces événements. Oui, il faut pardonner, mais il faut aussi transmettre à nos familles, les valeurs de solidarité, la fierté, la dignité, des gens qui sont restés debout. Nous n’avions pas le droit de nous arrêter, pour nos enfants, pour l’histoire d’une communauté», a conclu Rita Lafond.

De 1981 à 1984, le CIAC s’est consacré à la reconnaissance de 80 000 acres de terre expropriée en trop. Le protocole d’entente pour la rétrocession a été signé en 1985. La revente des 11 000 acres autour de la zone aéroportuaire a également été approuvée par le gouvernement Harper, mais les contrats ne sont pas encore signés. L’aéroport a été fermé définitivement aux passagers en 2004, et en partie transformé pour le fret, les courses automobiles et de karting. L’industrie demeure autour dans la zone et a permis de maintenir des emplois.

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