Marie-Lise Chouinard de V'lours et ses rubis a mis la salle dans sa poche, en chantant l'amour passion à la manière d'une Parisienne très typée, d'une certaine époque.
(Photo Marco Laforest)
Une (fausse) Parisienne remporte Cégeps en spectacle
Trop craquante, Marie-Lise Chouinard! Sans faire injure à ses compagnons Raphaël Bussière et Jean-Simon Leduc du trio V'lours et ses rubis, disons que son personnage de Parisienne déclinant l'amour passion en chanson avec une dégaine d'enfer, a complètement accaparé la scène pendant les dix petites minutes allouées à chaque numéro.
Si Marie-Lise Chouinard alias V'lours a remporté la palme de la finale locale de Cégeps en spectacle, c'est qu'elle a sûrement fait sonner le compteur aux trois niveaux des critères d'évaluation de la performance: l'originalité, le talent et la présence sur scène. Particulièrement la présence sur scène.
Il y avait aussi d'autres bien belles choses à cette finale de Cégeps en spectacle à Lionel-Groulx, notamment plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes masculins, présentant leurs pièces en s'accompagnant au piano (Jean-Philippe Sansfaçon Lévesque, Guillaume Lecompte), un virtuose du clavier (Ludovic Daoust) qui n'ont pu établir cette complicité avec le public du trio gagnant.
Seul Nicolas Gendron, étudiant en interprétation théâtrale, avec son texte sur les masques que la société nous oblige à porter, a pu rivaliser au même niveau d'intensité et de communication avec la salle, que sa camarade de V'lours et ses rubis. Nicolas Gendron a d'ailleurs reçu le deuxième prix de la soirée pour la qualité de son jeu, sa poésie et son écriture.
L'animation fantaisiste de la soirée a été assumée avec brio, sous un mode bon enfant, parfois absurde, voire burlesque par le trio Jocelyn Lebeau, Tommy Lavallée et Lucien Abbondanza-Bergeron, qui n'a reculé devant aucune pitrerie pour faire rire la salle ou la surprendre. Mention spéciale pour la mise en scène, ainsi que pour la conception et la réalisation des costumes. Tout comme pour l'orchestre maison.
L'absence du théâtre musical
Les dernières années de la finale de Cégeps en spectacle au collège Lionel-Groulx nous avaient habitués à des prestations tantôt flamboyantes, tantôt intimistes, toujours surprenantes, d'élèves du programme de théâtre musical. Ne citons en exemple que le numéro «La chambre de Mignonne», porté par deux élèves de théâtre musical (sur les trois participantes) l'an dernier et qui s'est rendu à la finale nationale du concours.
L'absence complète de numéros et d'élèves de théâtre musical cette année a vraiment retranché une couleur forte, de la palette de Cégeps en spectacle à Lionel'. Souhaitons que les obstacles qui ont retenu les filles de théâtre musical de s'inscrire au concours se lèvent. Et que celles qui le désirent se retrouvent à l'avant-scène, là où elles ont tant à montrer et à démontrer… plutôt qu'assises dans la salle ou chez elles, le soir de la finale locale de Cégeps en spectacle à Lionel-Groulx.
(Photo Marco Laforest)
(Photo Marco Laforest)
Guillaume Rivard
Commentaire mis en ligne le 20 février 2009Monsieur Brouillette.
Je m'appelle Guillaume Rivard et je suis un ancien étudiant en musique du Collège Lionel Groulx. Durant ces trois années d'études, j'ai participé au concours à chaque année, d'abord avec la formation Sonum Arte, puis en 2007, en tant que directeur musical. J'ai aussi composé toute la musique de la Chambre de Mignonne lors de l'édition 2008.
Grâce à l'expérience C.E.S. j'ai pu me rendre en finale nationale à deux reprises en accompagnant des étudiantes de théâtre musical.
Je désire réagir à votre article car je suis entièrement d'accord avec vous concernant l'absence des étudiants-tes de T.M. à l'édition de cette année. Ce n'est pas parce que j'ai été impliqué de près et de loin dans cegep en spectacle avec "Le Funambule" et surtout "La Chambre De Mignonne", et ce n'est pas non plus pour dénigrer d'aucune façon le travail de tous les participants de l'édition 2009 car de toute façon, je n'ai pas pu y assister. Je sais par contre que Cegep en Spec. édition locale à St-Thérèse est un spectacle de qualité, qui peut compter sur l'énorme talent que renferme le Collège Lionel-Groulx. J'y ai participé souvent, à titre de participant, musicien, directeur musical, et j'apprécie énormémment l'institution.
Je pense seulement que certaines décisions concernant la non-participation des étudiants-ES de Théâtre Musical (t.m.) à C.E.S. cette année révèle une imbécilité qui relève sans contredit de la plus haute échelle... dans le sens de...
Pensons au Funambule, à Mignonne, et en 2005 le quartet de Blainville qui est arrivé en deuxième place alors que Simon Boulerice, étudiant en théâtre avait remporté la finale locale (et s'était mérité des honneurs en nationale) en alliant son talent d'auteur à la danse et la musique (ce qui n'est pas sans rappeler le théâtre musical) Sans oublier tout ceux que j'ai oublié.
Qu'un programme et ses coordonnateurs et professeurs refusent à ses étudiants-es de participer à un concours d'une telle importance, qui donne la chance à ceux-ci de se faire voir, entendre, et surtout de pouvoir profiter d'une telle plate-forme dans le but de créer et de faire ce pourquoi ils ou elles étudient un métier de la scène, ça s'apparente au bolchévisme. Ça me rappelle également la Chine au J.O. de Pékin l'été dernier.
Un mot pour cela: CENSURE
(Je vous invite également à insérez le qualificatif de votre choix ici)
Que le débat continue. Je me demande même pourquoi j'y prend part, étant depuis 2 ans sur le marché du travail, depuis deux ans sorti des murs de l'institution.
L'Union des Artistes c'est bien beau, mais des artistes (et étudiants...) unis, ça serait mieux. Et cette année, beaucoup de gens au CEGEP ont perdu une chance de se battre pour une vraie cause. Où était l'asso? probablement en train de clamer la gratuité scolaire dans le vide, ou à se battre contre SODEXHO.
Mais le plus important encore: OÙ ÉTAIENT LES ÉTUDIANTS-TES de T.M?
J'ai bien hâte de voir ce que la direction du programme de T.M. prendra comme décision à cet effet l'an prochain. Souhaitons que la pression mise par certaines instances au CEGEP (socio-culturel), celle de votre plume ainsi que celle de vos collègues des autres journaux de la région aura raison de celle-ci.
bien à vous,
Guillaume Rivard