Le conseiller municipal Robert Frégeau accuse la mairesse Sylvie St-Jean de faire preuve de basse «partisanerie», dans l'octroi des responsabilités aux membres du conseil de ville délégués aux comités, commissions et autre organismes de la municipalité.
(Photo David Gaubiac)
Robert Frégeau puni?
Le conseiller municipal de Boisbriand Robert Frégeau a reçu comme une gifle, le fait de perdre la présidence et la vice-présidence de comités et commission de la ville, à la faveur d'un remaniement des responsabilités des conseillers effectué par la mairesse Sylvie St-Jean.
Le vétéran de la politique boisbriannaise, qui présente une fiche d'assiduité de 27 ans au conseil de ville, était vraiment sous le choc après l'appel téléphonique de la mairesse, quatre jours seulement avant l'assemblée du conseil du 20 janvier. Il a alors appris que ses services n'étaient plus requis comme président du Comité de l'administration publique et des finances ni comme vice-président du Comité consultatif d'urbanisme et de toponymie. On abolit en outre la Commission du génie et des infrastructures qu'il présidait et on lui retire enfin la délégation du conseil de ville auprès de l'Office municipal d'habitation de Boisbriand.
Mince prix de consolation, Robert Frégeau demeure président de la Commission du développement économique et du Faubourg Boisbriand.
Furieux de se voir retirer des dossiers qui lui tiennent à cœur, le conseiller a accusé la mairesse Sylvie St-Jean d'agir par pur calcul électoral, en vue de mettre davantage en valeur les conseillers de son équipe d'ici les élections de novembre prochain et de diminuer la visibilité d'un possible rival à la mairie.
«Je suis perplexe sur votre capacité à assurer du leadership au conseil de ville… Ce sont des représailles parce qu'on me prête des intentions de briguer la mairie… Ça manque de classe et de dignité», a tonné Robert Frégeau.
Joint au téléphone le lendemain, Robert Frégeau disait n'avoir pris aucune décision à ce jour, sur son éventuelle candidature à la mairie en novembre prochain et n'avoir parlé de cette éventualité à quiconque. Il accuse la garde rapprochée de la mairesse (ses proches conseillers politiques) d'avoir voulu l'écarter dès le début de l'année 2009, ceux-ci ayant supposé que Robert Frégeau pourrait se présenter à la mairie.
Lors de l'assemblée du conseil du 20 janvier, Sylvie St-Jean a dit avoir déjà averti Robert Frégeau que lorsque les conseillers et conseillères de son équipe prendraient plus d'expérience, ils assumeraient plus de responsabilités. La mairesse n'a pas nié toutefois avoir fait allusion à la possible candidature de Robert Frégeau à la mairie, lors de l'appel téléphonique où elle lui a annoncé son changement de responsabilités au sein du conseil de ville
Thifault et Cordato aussi sur la touche
D'autre part, peu après le début de l'assemblée du conseil de ville du 20 janvier, le conseiller Patrick Thifault et la conseillère Marlene Cordato ont été mis de côté, lors de la lecture à tour de rôle par les conseillers des points de l'ordre du jour. Protestant de la chose à la fin de la séance, les conseillers se sont faits répondre par la mairesse: «Je préside la séance comme je veux».
De nombreux échanges virulents ont marqué cette première assemblée du conseil de ville de l'année 2009, qui survenait pourtant le jour de l'assermentation du nouveau président des États-Unis qui a un discours rassembleur. L'esprit Obama ne s'est vraisemblablement pas rendu jusqu'à Boisbriand, même si avant la séance du conseil son nom était sur toutes les lèvres des personnes présentes.
(Photo David Gaubiac)