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Tricentris traverse une période critique

«On gère à la petite semaine»

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 20 décembre 2008 à 10:00
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Tricentris traverse une période critique
«On gère à la petite semaine»
La crise du marché des matériaux récupérés frappe de plein fouet le centre de tri Tricentris, dont sont membres la plupart des municipalités de la région, qui y acheminent le contenu de leur collecte sélective.
Au début décembre, Tricentris a demandé aux municipalités membres une cotisation additionnelle, pour passer à travers les six prochaines semaines, un effort de l'ordre de 600 000 $. Il s'agissait d'une première en dix ans d'existence du centre de tri.

Les marchés du papier et du carton récupérés notamment se sont effondrés au cours de l'année 2008, les prix chutant de 130 $ - 140 $ la tonne à 30 $ la tonne; si l'on tient compte du coût du transport pour livrer les matériaux au client, il ne reste alors qu'environ 5 $ la tonne, explique le porte-parole de Tricentris, Martin Lamoureux.

Et qu'arrivera-t-il au bout de ces six semaines de sursis? Il n'est pas exclu qu'une nouvelle cotisation supplémentaire soit demandée, ajoute Martin Lamoureux, dont le communiqué du 9 décembre expliquait que Tricentris «perd en moyenne 90 000 $ par semaine depuis le début novembre».

On semble aussi cultiver l'espoir que le gouvernement du Québec mette sur pied un plan d'aide aux centres de tri, la situation de Tricentris étant partagée par les autres centres de tri du Québec. Le ralentissement économique à l'échelle de la planète a restreint la demande de matériaux récupérés et rien n'indique que la situation va évoluer rapidement… «On gère à la petite semaine», commente le porte-parole de Tricentris.

Mais les municipalités membres du centre de tri répondent positivement à la situation et il n'est pas question d'enfouir les matériaux récupérés qui, pour l'instant, s'empilent dans divers entrepôts, en attendant que les marchés reprennent. «C'est tout le modèle même du recyclage en Amérique du Nord qui est un peu remis en question par cette crise», commente Martin Lamoureux.

Tricentris, qui est une organisation à but non lucratif, tire ses revenus à 95 % de la vente des matériaux récupérés; on comprend donc que l'affaissement du marché a un effet direct et immédiat sur le fonctionnement du centre de tri. «On ne peut pas procéder à des mises à pied, parce qu'il faut maintenir la qualité du produit qui sera éventuellement vendu», ajoute le porte-parole.

Sans plan d'aide gouvernemental aux centres de tri, il est certain que les municipalités membres devront à nouveau se réunir tôt en 2009, pour décider de nouvelles mesures pour traverser la crise.

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