Marie-Christiane Kadé soulignera bientôt ses 20 ans à produire du fromage, de la cuisine familiale à l'entreprise du boul. Lionel-Bertrand à Boisbriand.
(Photo David Gaubiac)
Le conte de fée entrepreneurial de Marie Kadé
Derrière l'histoire à succès de la Fromagerie Marie Kadé de Boisbriand se profile celle de Marie-Christiane Kadé, une Québécoise d'origine syrienne qui a commencé il y a vingt ans à faire 5 kilos par semaine de fromage tressé dans sa cuisine.
La semaine dernière, le journal Le Courrier faisait écho à la une, à l'aide de la Fédération des producteurs de lait du Québec à 35 microfromageries du Québec, pour les aider à reconquérir le marché, après la crise de la listériose.
La Fromagerie Marie Kadé de Boisbriand est l'une de ces entreprises fromagères bénéficiaires de l'aide, bien qu'elle ne soit responsable d'aucun cas de listériose.
Coup de chance, la nouvelle nous a permis de découvrir à Boisbriand l'existence d'une entreprise produisant sans doute la plus grande variété de fromages arabes en Amérique du Nord!
L'histoire de la Fromagerie Marie Kadé se confond avec celle de sa vice-présidente, Marie-Christiane Kadé, une Québécoise d'origine syrienne qui a commencé en 1989, à faire du fromage tressé- un produit traditionnel de sa région d'origine. Madame Kadé résumait ainsi, en 2006, son parcours: «j'ai commencé dans le chaudron de ma cuisine, à faire 5 kg de fromage tressé par semaine et aujourd'hui, je suis rendue à plus que 800 kg de fromage tressé et plus que 2000 kg de fromages variés par semaine et plusieurs employés dépendent de moi. Voilà comment un simple passe-temps est devenu passion, gagne-pain et produit indispensable pour toute la communauté arabe.»
C'est qu'au fil du temps, Marie-Christiane Kadé et son conjoint Freddy ont ajouté deux dizaines de variétés de fromages, pour répondre au goût des diverses communautés arabes du Québec, du Canada et des États-Unis.
La Fromagerie Marie Kadé a été imitée, mais selon ses propriétaires, leur entreprise produit le plus grand éventail de fromages arabes en Amérique, exportant même vers les États-Unis une partie de leur production.
Leur déménagement à Boisbriand en 2001, dans une usine enfin fonctionnelle, après avoir utilisé plusieurs plus petits locaux, leur a permis de répondre aux exigences très sévères de la Food and drug administration américaine, une nécessité pour une entreprise canadienne qui exporte des produits alimentaires outre frontière.
L'un des épisodes de l'entreprise dont Marie-Christiane Kadé est le plus fier, c'est qu'à la suite d'une demande de permis au MAPAQ, on leur a demandé: «Où est le fromager qui va s'occuper de la fromagerie?» À 39 ans, Marie-Christiane Kadé décide donc de suivre son cours à l'Institut à Saint-Hyacinthe et y obtient son diplôme de fromagère: «J'étudiais la chimie, la physique, les maths, c'était pas des niaiseries!», soupire-t-elle.
Et tout ça est déjà loin derrière. Comme les autres fromageries artisanales et spécialisées, actuellement la Fromagerie Marie Kadé se débat pour chasser la grisaille de la listériose qui a entouré, pendant de longues semaines, les comptoirs des fromages dans les commerces qui écoulent ses produits. Et ses propriétaires sont en réflexion sur le projet de relocalisation et d'expansion qui était envisagé à Blainville. On soulignera tout de même dans quelques mois, les vingt ans du tout début de l'histoire, qui a pris naissance dans la cuisine familiale des Kadé.
(Photo David Gaubiac)