La maison bicentenaire Abraham Dubois et son vaste terrain encore non morcelé représentent pour plusieurs une occasion à saisir, par la Ville de Boisbriand, pour aménager un site patrimonial avec un usage culturel et communautaire du bâtiment.
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Véritable barrage citoyen face au projet résidentiel du 331 Grande-Côte à Boisbriand
C'est une douche froide, voire glacée, que les citoyens de Boisbriand ont servi au promoteur du projet résidentiel derrière la maison patrimoniale Abraham Dubois, lors de l'assemblée de consultation sur le changement de zonage requis pour que le projet puisse aller de l'avant.
Le projet, rendu public dans nos pages dans l'édition du samedi 2 août, avait déjà inquiété la Société d'histoire et de généalogie des Mille-Îles au point de provoquer une réunion extraordinaire de son conseil, en plein milieu de l'été, pour demander à la Ville de Boisbriand de refuser tout permis pour modifier ou démolir la maison Abraham ou Jules Dubois du 331 Grande-Côte.
Cette fois, ce sont plusieurs dizaines de citoyens habitant à proximité du site qui sont venus dire sur tous les tons, aux représentants de la Ville et au promoteur, qu'ils ne voulaient pas de ce projet de condominiums et de maisons en rangée.
Accroissement de la circulation, traçage de nouvelles rues à proximité des résidences existantes, différence importante de niveau entre le site convoité et les terrains limitrophes déjà construits au pourtour, détérioration d'un rare site patrimonial de la ville, les objections se sont multipliées et répétées pendant plus d'une heure, lors de la période d'échange avec le public de l'assemblée de consultation tenue le 20 août. Le directeur général de la Ville de Boisbriand a fini par conclure: «Ce soir le message est relativement clair!»
Pourtant, le promoteur Les immeubles Figiel proposait un projet qui manifestement tentait de s'harmoniser avec les matériaux et le cachet de la maison patrimoniale bicentenaire, qui occupe la façade du lot de 88 000 pieds carrés faisant front sur le Chemin de la Grande-Côte.
La présentation du promoteur restait cependant fort discrète sur l'usage prévu pour «la maison au toit rouge», laissant la porte ouverte à une occupation par un bureau de professionnels par exemple.
Une occasion à saisir?
En plus des craintes et récriminations des citoyens riverains du site, on a entendu à plusieurs reprises lors de la période d'échange, des reproches à peine voilés à l'administration municipale, «d'avoir laissé passer la vente de la maison» à un promoteur privé au lieu d'une acquisition par la ville.
Nombreux sont ceux qui souhaitent l'aménagement d'un site patrimonial à Boisbriand dans l'esprit de la Maison Hamilton à Rosemère, la maison Abraham Dubois et son très vaste terrain offrant toutes les caractéristiques pour ce faire.
Mais pour l'instant le promoteur pourrait décider de modifier son projet et d'aller de l'avant avec la construction de maisons unifamiliales isolées, un usage déjà autorisé par le zonage actuel du terrain à l'arrière de la maison. Le représentant du promoteur, Alain Boucher, a toutefois admis en réponse à des questions, qu'il n'y avait pas de plan «B» de ce type sur la table et qu'on ne s'attendait pas d'ailleurs à une opposition aussi virulente des citoyens, à l'égard du projet de condos et de maisons en rangée.
Le conseil de ville devra statuer sous peu s'il va de l'avant avec le changement de zonage proposé, nécessaire à la réalisation du projet actuel ou s'il retraite. Le sort de la maison Abraham Dubois sera intimement lié à la décision, même si la mairie veut distinguer les deux aspects. En effet, si le promoteur les Immeubles Figiel ne peut aller de l'avant avec son projet résidentiel et n'étant visiblement que peu intéressé à la maison patrimoniale, il devra prendre une décision d'affaires, à savoir s'il conserve ou non la propriété du 331 Grande-Côte?
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