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Hôpital Saint-Eustache: situation stabilisée et en voie de guérison

par Claudine Mainville
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Article mis en ligne le 23 août 2008 à 5:00
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Hôpital Saint-Eustache:  situation stabilisée et en voie de guérison
Pierre Gfeller directeur intérimaire du CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes, dont l’Hôpital Saint-Eustache.
Hôpital Saint-Eustache: situation stabilisée et en voie de guérison
Comme un patient qui a failli sombrer irrémédiablement, l’hôpital Saint-Eustache est sorti du chaos, sa situation est stabilisée et le processus de rétablissement est bel et bien amorcé, assure le directeur intérimaire Dr Pierre Gfeller, en poste depuis le début du mois de juin.
«Il fallait d’abord poser un diagnostic, ce processus a été amorcé en mars dernier, et c’est sur le terrain avec tout le personnel que nous pouvions dresser un portrait de la situation. L’Agence avait à ce moment désigné deux ressources externes pour évaluer et analyser sur place, je coordonnais les travaux quelques jours par semaine», a rappelé le directeur. Il ne cache pas que le chaos semblait régner.

Comme dans toute catastrophe plusieurs facteurs se sont conjugués au cours des années, pour mener à l’épuisement du personnel, les départs successifs, des pénuries chroniques, les fermetures de lits, des délais d’attente inacceptables à l’urgence ou en chirurgie, le détournement des ambulances, les épidémies d’infections nosocomiales, un climat de travail pourri, sans parler des conséquences pour les malades.

«Il y a eu depuis 2000, le départ de 67 médecins et 40 arrivées. Dans les premières années la situation se régularisait d’elle-même, il n’y a pas eu d’efforts sur la rétention du personnel. En 2004, l’établissement des PREM a bloqué le processus, le manque de médecins a alourdi la tâche de ceux qui restaient, qui ont fini par partir, et on connaît la suite», explique-t-il.
Ressources diminuées et croissance démographique
La pénurie de médecins et de services alternatifs sur le territoire se conjugue aussi avec la croissance démographique continue, l’arrivée de nouvelles familles et le vieillissement de la population. Un contexte qui a provoqué les débordements de toutes les unités de service, et une population qui n’a plus de médecin de famille, et qui après s’être cogné le nez aux cliniques sans rendez-vous, se retrouve à l’urgence.

«Le directeur d’un CSSS ne dirige pas seulement un hôpital, mais l’ensemble des ressources d’une communauté. Il doit travailler avec toutes les ressources et favoriser le développement des services. La population se dirige à l’urgence quand il n’y a pas d’autres choix, je ne connais personne qui veut attendre vingt heures avec son bébé malade. La mère n’est pas là parce que son bébé a un rhume, mais parce qu’elle est très inquiète des symptômes qu’il présente et que personne ne l’a rassuré, qu’il n’y a pas d’autres ressources accessibles dans la communauté», explique Dr Gfeller.

Le directeur intérimaire s’est d’abord attaqué aux services de garde à l’urgence pour assurer un fonctionnement acceptable, «toutes les plages horaires sont couvertes pour les prochains mois, mais nous fonctionnons encore avec un manque d’effectifs stables, j’ai bon espoir, des médecins reviennent ponctuellement, c’est normal qu’ils vérifient que la situation est sur la bonne voie».

À l’extérieur du centre hospitalier, le directeur a amorcé de nouvelles relations avec les ressources existantes, cliniques et organismes communautaires. «Il y aura bientôt quatre GMF, nous sommes parmi les derniers secteurs à mettre en place les Groupes de médecine familiale, ces organisations renforcent les soins et les services à la population», précise-t-il.
Mouvement positif
Enfin, le directeur assure que les directions de service et les spécialistes ont adhéré au mouvement pour un rétablissement du grand malade…«nous aurons deux médecins boursiers, tout le monde veut que la situation s’améliore et c’est le cas au niveau du climat de travail. Nous avons également obtenu des améliorations notables au niveau des infections nosocomiales, l’organisation se porte mieux et nos patients aussi».

Le directeur intérimaire vise à court terme la réouverture d’une quinzaine de lits et un meilleur accès aux services.

L’Hôpital Saint-Eustache doit également au cours des prochaines semaines lancer les travaux d’agrandissement. Le Ministre doit aussi autoriser l’ouverture du poste de directeur général, «il fallait remettre l’organisation sur les rails, je ne suis là que temporairement ce sera au nouveau directeur de poursuivre, je serai au comité de sélection».

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Dr Pierre Gfeller

Commentaire mis en ligne le 27 août 2008
Quitte à risquer d’ajouter mon nom à la longue liste des mal cités, je tiens à apporter quelques précisions à ce texte.

J’avoue avoir été surpris par certains termes utilisés par la journaliste pour décrire la situation qui prévalait à l’hôpital, au printemps 2008. L’utilisation de termes comme « chaos », « catastrophe », « climat de travail pourri », me semble inappropriée et exagérée.

Il est vrai que l’établissement a vécu certaines difficultés qui ont eu un impact négatif sur l’accès aux services, mais je tiens à préciser que tout le monde au CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes travaille très fort depuis plusieurs mois pour redresser la situation.

Je tiens aussi à ajouter que le plan d’action sur les infections nosocomiales et la naissance de quatre groupes de médecine familiale sur notre territoire sont des réalisations dont l’ancienne direction peut être fière. La Dre Christiane Arbour, qui était alors directrice générale, a accompli de l’excellent travail et a pris les décisions difficiles qu’elle jugeait nécessaires.

Vous comprendrez qu’il m’apparaissait important d’apporter ces clarifications.

Dr Pierre Gfeller
Directeur général intérimaire
CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes

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