À vrai dire ils avaient l'air de romanichels des temps modernes, sur le parvis de la bibliothèque de Sainte-Thérèse avec leur voiturette triportée, qu'ils pousseront du 3 au 30 août sur la piste du P'tit train du Nord de Mont-Laurier à Sainte-Thérèse, à la découverte de l'identité des Laurentides, en quête d'idées pour de nouvelles chansons, essaimant au passage leur art, en grains de chapelet le long de la 117.
De qui on parle là? De l'auteure-compositrice-interprète térésienne Angèle Courville et son copain musicien Philippe-Emmanuel David, qui se lancent dans les prochains jours dans cette aventure originale, insolite, à la fois artistique et sociologique.
À raison d'une quinzaine de kilomètres par jour, les deux artistes térésiens marcheront sur la piste du P'tit train du Nord, du nord vers le sud, pendant tout le mois d'août, logeant chez ceux qui ont bien voulu leur ouvrir leur porte. Le soir, au moins à une dizaine de reprises, ils se livreront à un «concert-causerie» pour faire connaître leur musique et leurs mots, mais aussi pour recueillir du matériel de la bouche des gens qui voudront bien venir à leur rencontre.
Un «trip» artistique et humain hors du commun qui range Angèle Courville et Philippe-Emmanuel David dans une classe à part de jeunes artistes engagés, tournés vers leur communauté locale et régionale bien plus que d'autres jeunes créateurs portés sur l'introspection et les questionnements existentiels individuels.
Elle a beau dire qu'elle n'est pas sociologue- sa mère l'est toutefois-, Angèle Courville a des interrogations qui ne sont pas celles de beaucoup de créateurs: «
Comment les gens vivent aujourd'hui dans les Laurentides? Qu'est-ce qui a remplacé la religion dans ces communautés? La région des Laurentides a-t-elle une identité propre et comment peut-on la définir?»
Munis de calepins, appareil photo et caméra vidéo, les deux artistes térésiens comptent faire le plein d'histoires locales, de confidences et de révélations sur les lieux visités qui, le temps venu, devraient se transformer en une quinzaine de nouvelles chansons pour donner le corps d'un deuxième album, qui viendra s'ajouter à «Nuances» paru à l'automne 2007.
Ce qui confère encore plus de noblesse à leur élan, c'est qu'il n'est soutenu par aucun commanditaire majeur; préparé et organisé à l'huile de bras, dans un cadre de simplicité volontaire exemplaire.
Courville et cie craignent un peu la perception d'eux qu'ils rencontreront à certains endroits... Peut-être. Mais tant de générosité assortie d'un peu de naïveté devraient pourtant toucher les communautés visitées et ouvrir les portes. On pourra d'ailleurs les suivre à distance sur leur blog, via le site
www.angelecourville.com
Je sais, je sais, je l'ai déjà écrit la semaine dernière, mais je le répète après les avoir rencontrés à quelques jours du grand départ: «Bon voyage».