Jacques Ménard conférencier à la CCITB.
(Photo : David Gaubiac )
L’éducation et l’ouverture sur le monde
«Si on s’y mettait…» de Jacques Ménard
Le président du conseil d’administration de MBO Nesbitt Burns et président du de BMO Groupe financier, Jacques Ménard, a présenté une première conférence après la publication de son livre «Si on s’y mettait…», son analyse et surtout ses suggestions pour construire dès maintenant le Québec de demain, devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville dans le cadre des Midis d’affaires de l’organisme.
Les constats répertoriés par Jacques Ménard servent d’introduction à son livre, mais surtout de motivation pour la mise en place «d’un projet mobilisateur pour redonner aux Québécois le goût de voir grand». Le président de la banque est également parent, et il a siégé à plusieurs conseils d’administration et s’est intéressé à diverses problématiques, dont le financement des soins de santé, l’exode des jeunes, le décrochage scolaire, l’attitude des jeunes envers le travail, la productivité, l’endettement du Québec, l’environnement, la détérioration des infrastructures, etc.
«On n’a pas le droit de faire comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes», clame l’auteur qui propose dix grands chantiers de réflexion, de discussions et d’actions. «Pendant que notre système de santé craque de partout et que notre système d’éducation est dramatiquement sous-financé, nos programmes sociaux comptent parmi les plus généreux en Amérique du Nord, cherchez l’erreur!», constate Jacques Ménard.
L’auteur identifie les faibles performances des entreprises canadiennes par la lenteur des progrès techniques, des nouvelles technologies, de l’amélioration des compétences, et des changements organisationnels. D’où les priorités qu’il accorde à l’éducation, à l’intégration des jeunes, l’ouverture à leur créativité, et leur implication dans les projets des entreprises. Pour mieux déterminer les champs d’intérêt et surtout les valeurs de cette génération, des sondages et analyses ont été effectués. Le respect des employés et de l’environnement, la possibilité d’être créatif, animent les jeunes qui placent leur famille, leurs amis et leurs loisirs en haut du schéma des valeurs.
Dix chantiers proposés
Jacques Ménard propose sur plus d’une centaine de pages dix chantiers en commençant par un forum sur les politiques publiques, abordant les principaux enjeux. Il propose par la suite le remboursement de la dette nationale par l’augmentation des tarifs d’électricité au niveau du marché (comme les Albertains avec leur pétrole), la mise en place de moyens pour que les entreprises créent des emplois de qualité, le soutien à l’innovation pour les entreprises et la création d’avantages fiscaux pour les individus au travail. «Il faut alléger l’impôt sur le revenu quitte à ajouter aux taxes à la consommation, pour que notre système fiscal exige une contribution plus équitable de tous, et rende inutile le travail au noir tout en contrant l’évasion fiscale», affirme l’auteur.
Pour mieux supporter les services requis par les aînés en perte d’autonomie et éviter les coûts d’hébergement dans les établissements publics, il propose la création d’un régime d’assurance universelle pour offrir des services d’assistance à domicile, «rien à voir avec l’employée du CLSC qui passe une fois par semaine dans les meilleurs cas, pour s’assurer que la vieille dame ou le vieux monsieur respire toujours…mais des services adéquats selon les besoins et les choix des personnes».
Jacques Ménard propose pour son septième chantier la disparition de règles qui entravent les échanges commerciaux entre les provinces, une meilleure intégration des technologies et la formation adaptée dans les entreprises.
L’éducation accapare une large partie des mesures proposées par l’auteur parmi lesquelles il réintroduit la compétition, la réussite, la récompense du succès, l’effort. Le financement, les frais de scolarité, l’aide aux étudiants, etc. L’étape suivante s’adresse aux entreprises dans leur réorganisation et dans leurs efforts pour recruter les ressources humaines et surtout les impliquer dans leur développement. «Nous devons revoir la législation du travail pour permettre à ceux et celles qui ont des idées et qui veulent contribuer à donner leur pleine mesure sans être freinés par la réglementation en favorisant notamment l’Open Source, prendre les moyens pour inciter les ordres professionnels à mieux intégrer les immigrants compétents, particulièrement les jeunes, signer des ententes de réciprocité avec d’autres pays pour la formation en entreprise et bien d’autres gestes…L’entreprise peut également aider les jeunes à faire leur chemin, on peut établir des liens permanents et supporter le développement des bibliothèques et des équipements informatique», suggère encore Jacques Ménard. L’auteur mise encore sur l’accès à la connaissance universelle pour que les entreprises élargissent leur potentiel, profite de ce qui existe déjà, pour imaginer et créer, avec les jeunes, évidemment!
(Photo : David Gaubiac )