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L'altitude se fait sentir

Article mis en ligne le 19 janvier 2008 à 7:02
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L'altitude se fait sentir
Jambo! Hier après avoir finalisé mon bref compte-rendu, j'ai été pris de nausées et d'un mal de bloc sévère. Ma saturation d'oxygène dans le sang a chutée. On m'a administré du Dex qui contient de la cortisone et un comprimé pour ma nausée. Au bout de 50 minutes, j'étais un nouvel homme. J'ai repris un peu d'appétit et j'ai mangé. Il faut se forcer ici c'est une question de forme physique.

Deux grimpeurs ont du rebrousser chemin. Le premier ne tolérait pas l'altitude. Même en prenant de l'oxygène pour le ramener à un niveau maximal de 100 sur 100, une fois la séance terminée il chutait aussitôt, ce qui provoque de violents maux de tête étant donné que le cerveau est compressé car moins de sang l'irrigue.

L'autre est une grimpeuse. Son état était toutefois excellent. C'est pour cause d'un symptôme à un œil. Une vision embrouillée dans un des deux yeux. Elle connaissait celui-ci car elle avait subi une opération à cet effet il y a un an. Nos deux comparses ont descendu de nuit en compagnie d'un guide avec certification médicale et 2 porteurs. Une descente de 3 heures pour reprendre un véhicule par un raccourci qui les ramènerait a Moshi afin de nous y attendre. Tout le groupe était très émotif avec ce départ non attendu. Beaucoup de larmes et d'accolades. Nous sommes une vraie famille ici.

J'ai maintenant 2 certitudes, 1 : nous allons tous mourir un jour. 2 : personne ne manquera de rien dans ce groupe! C'est devenu une véritable commune. Tout le monde se passe tout (sauf les microbes que l'on contrôle au maximum par le lavage de mains régulier), tous les gens s'informent des autres c'est fantastique.

La nuit a été très mouvementée. Beaucoup de vents horizontaux qui ont secoué fortement notre tente sans arrêt accompagnés d'un blizzard et de neige mouillée. Quand je me suis rendu seul à la chaudière qui nous sert de toilette avec ma lampe frontale à une cinquantaine de mètres, j'avoue que j'ai eu un certain frisson d'inquiétude. Le pire fut au retour, je ne trouvais plus ma tente et son minuscule écusson sur lequel est inscrit mon numéro, le 8. J'ai dû faire plusieurs tentes à enlever la neige pour vérifier le numéro. Je commençais à avoir froid car je portais uniquement mes sous-vêtements longs et mon coupe vent.

Un bref instant, un petit sentiment d'urgence m'a envahi. C'est alors que je suis enfin tombé sur ma tente. Quel réconfort! J'ai pris des mesures à cet effet. J'ai demandé à un porteur de me trouver une bouteille d'eau et j'ai ouvert l'embout avec mon couteau. C'est là-dedans dorénavant que je ferai mon besoin vital la nuit.

Pour ce qui est de notre marche aujourd'hui, elle fut plutôt courte. Trois heures en descendant avec deux remontées. Plutôt ennuyeux car la bruine et le brouillard constant (nous sommes dans les nuages!) nous ont empêchés d'admirer le paysage à sa juste valeur. C'est malheureux car ce sont des vallons gorgés d'eau où poussent plusieurs espèces de cactus ressemblant à des mini palmiers en plus des nombreuses chutes et roches couvertes d'un tapis de mousse verte fluorescente.

Nous somme arrivés au camp pour le dîner. Nous avons mangé et bien ri. Mélanie a mal au ventre. Des ballonnements, espérons que ce n'est pas la diarrhée. On surveille la situation. Moi je suis numéro 1, je tiens le moral et garde le sourire.

Demain ce sera une autre petite journée de 4 heures. Nous remonterons à 4300m pour ensuite se préparer à la pire journée. Sept heures de montée abrupte avec un passage de 200m ou l'utilisation des mains sera requise pour agripper le mûr de roc. Nous serons attachés en cordée à titre préventif.

Voilà qui complète pour le moment. Je vous dis "assante" ou merci de me lire et de nous encourager avec vos dons. Sachez que depuis 1980, la guérison des enfants aux prises avec un cancer comme la leucémie, est passe de 25% à 85%. L'espoir passe par la recherche!

À demain...

Alexis Nantel

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