Même si cette jeune maman de trois enfants rêve du jour où tous les besoins seront comblés, elle admet qu’il reste un gros travail de conscientisation et de sensibilisation à faire.
(Photo : Pépé )
Changer le monde selon Marie-Eve Larose
«J’ai compris que pour changer le monde, je devais d’abord changer ma région», c’est ce que s’est dit Marie-Eve Larose, coordonnatrice à la Table de concertation sur la pauvreté Thérèse-De Blainville. Missionnaire dans l’âme, Marie-Eve Larose a relevé ses manches et supporte maintenant de nombreux projets au sein de la table pour faire bouger les choses; pour changer des vies.
Il y a cinq ans, son baccalauréat en marketing du HEC en mains, Marie-Eve Larose prenait le chemin du marché du travail. Plutôt que de se ranger bien tranquillement dans une entreprise, elle s’est tournée vers le milieu communautaire. «J’avais besoin d’action, de relever des défis et de sentir que je pouvais faire la différence dans la vie des gens», explique-t-elle.
Arrivée au poste de coordonnatrice en septembre 2006, Marie-Eve Larose occupe l’un des rôles clés de la table. Chargée de soutenir les projets et de coordonner les activités des différents partenaires, elle travaille avec les vingt organismes présents à la table à lutter contre la pauvreté dans la MRC Thérèse-De Blainville.
Une tâche qui est loin d’être mince, malgré les apparences. «On a tendance à penser que la MRC est très riche et que ses habitants ne connaissent pas la pauvreté, indique-t-elle. La pauvreté, ce n’est pas écrit dans notre front, on peut très bien la vivre sans que notre voisin soit au courant.»
Une pauvreté «nouveau genre»? Peut-être, mais qui rend le travail des organismes de la région difficile. «La pauvreté est bien présente et les besoins sont réels. Pourtant, on ne la voit pas. Il faut toujours prouver la pertinence de nos projets, mais chiffrer la pauvreté avec précision, c’est difficile», souligne Marie-Eve.
La pauvreté se traduit différemment en région; il n’y a aucune ressource en hébergement et les personnes sans-abri n’ont pas de lieux physiques où se réfugier. «Les gens se promènent un peu partout, mais ils ne savent pas à quelle porte frapper. On n’a même pas de logement abordable dans la région. C’est la loi du «pas dans ma cour» et je trouve ça déplorable d’ailleurs.»
Vivre avec la problématique de la pauvreté au quotidien, c’est loin d’être évident et Marie-Eve en sait quelque chose. «Voir les problèmes auxquels doivent faire face certaines familles; c’est la partie la plus difficile de mon travail. On se sent parfois impuissant devant l’ampleur de la tâche, avoue-t-elle. Les horizons sont grands et il y a beaucoup de travail à faire.»
L’union fait la force
Se serrer les coudes et croire; voilà ce que les vingt organismes de la table font tous les mois lorsqu’ils se réunissent. Un travail qui demande un effort constant et qui exige de ses membres beaucoup de volonté et de dévouement. «Il faut non seulement de la volonté, mais des connaissances aussi. Il faut être empathique et faire preuve de leadership; c’est un milieu motivant et il y a toujours quelque chose à faire!»
Aussi en charge de sa propre entreprise «Boularose Communications», Marie-Eve met présentement toute son énergie à la réalisation de la 14e édition de la campagne de «Panier d’épicerie populaire». Cette véritable épicerie permet aux personnes appauvries des villes de Blainville, Boisbriand et Sainte-Thérèse de remplir leur panier pour Noël. En 2006, 763 demandes ont été comblées et les besoins sont tout aussi importants cette année. Pour un don en denrées, le public peut se rendre, jusqu’au 14 décembre, au Chalet Ducharme, au 160 boulevard Ducharme à Sainte-Thérèse et pour un don en argent; au Centre d’entraide Thérèse-De Blainville au 245 Blainville Est ou encore par téléphone au 450 435-0199.
(Photo : Pépé )