Les enfants vivent dans des conditions de misère et on peut voir dans leur regard la tristesse et le désir d'une vie meilleure. (Photo: Courtoisie)
La vraie vie à Kandahar
Maisons en terre, enfants qui s'amusent avec pratiquement rien, les routes du Kandahar nous transportent plusieurs années en arrière pour ne pas dire plusieurs générations. Ces routes sont parsemées de surprises et d'inconnu et j'ai la chance d'être témoin de scènes qui sortent de l'ordinaire. J'ai croisé des tributs de nomades, des familles entières qui changent d'endroit de saison en saison parcourant ainsi tout le pays. Une cinquantaine de personnes s'entassent dans un camion avec tout ce qu'ils possèdent et c'est un départ pour une nouvelle destination, à la recherche d'une terre plus abondante. D'autres demeurent en permanence sur le long des routes où l'approvisionnement en eau et en nourriture est plus accessible.
La poussière, le bruit des voitures et un minimum d'eau, les enfants vivent dans des conditions de misère et on peut voir dans leur regard la tristesse et le désir d'une vie meilleure. J'ai toujours une pensée pour ma famille, car je crois que d'une certaine façon c'est aussi difficile pour eux que pour moi. Avec des enfants en bas âge et un papa loin de tous, à qui l'on parle uniquement au téléphone, je lève donc mon chapeau à ma conjointe, qui durant tous les mois passés et à venir, veille seule au bien-être des enfants. École, garderie et travail, malade ou non, les enfants doivent continuer à manger et à vivre normalement même si il y a des jours plus difficiles. Je serai présent prochainement pour mon congé d'environ trois semaines et par la suite je retournerai terminer cette mission encore deux mois, peut-être plus, pour ensuite revenir à la maison et tenter de devenir un meilleur père. Félicitations Annie, je serai bientôt présent.