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«La société me déçoit, l'art nous rappelle à l'ordre»

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 20 juillet 2007 à 11:03
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«La société me déçoit, l'art nous rappelle à l'ordre»
Même si elle évolue dans un milieu où il faut souvent faire toutes sortes de courbettes, notamment pour obtenir du financement, Chantal Dubé avoue candidement: «Je ne suis pas capable de magouiller!» (Photo Pépé)
«La société me déçoit, l'art nous rappelle à l'ordre»
Coordonnatrice depuis plus de deux ans de l'organisme de promotion de la relève artistique régionale Visionn'Arts et Spectacles, Chantal Dubé avoue qu'elle est une «workaholic», qui se couche avec ses dossiers et qui se réveille parfois au milieu de la nuit pour envoyer un courriel. Son engagement auprès des jeunes artistes s'entremêle de préoccupations sociales de redistribution de la richesse, d'égalité des chances et de la vision d'un monde un peu plus solidaire, meilleur quoi!
«Ils ont trouvé la bonne folle pour travailler avec eux autres!», s'exclame-t-elle en parlant de son engagement il y a deux ans comme coordonnatrice de Visionn'Arts et Spectacles. Chantal Dubé sortait alors d'une longue période d'animation d'un atelier de théâtre pour les jeunes à Laval, qu'elle qualifie de «théâtre social», une occasion de prise de parole pour ces jeunes.

«Je voulais être dans un milieu de jeunes», dit-elle pour expliquer son intérêt de l'époque pour Visionn'Arts… «Ce n'est pas tant les artistes que je venais rejoindre que les humains en développement. Les arts c'est de la communication. Je suis une fille très curieuse. L'art s'intéresse à plein de choses, permet le changement. La société me déçoit, l'art nous rappelle à l'ordre», ajoute Chantal Dubé

Alors depuis plus de deux ans, cette touche-à-tout qui a fait cent métiers auparavant investit cette énergie débordante qui la caractérise, à mieux équiper les jeunes artistes émergents de la région, qu'ils soient des arts de la scène ou des arts visuels, pour qu'ils percent dans un univers qu'elle sait étroit et dur: «La tarte est tellement petite. Le financement s'en va dans une seule direction», observe-t-elle.
«Je m'attache vite»
L'une des réalisations dont la coordonnatrice de Visionn'Arts se révèle la plus fière c'est d'avoir monté des dossiers artistiques de qualité professionnelle pour les membres de Visionn'Arts, un véritable outil de développement pour leur carrière, ainsi que la création du site Internet qui véhicule aussi les profils artistiques des membres. C'est sans compter la richesse des relations humaines qui entourent ses interventions. «Je m'attache vite, je m'attache à mes artistes. Je suis un peu leur mère», remarque-t-elle.
Ouais, mais l'insécurité maladive parfois de ces jeunes artistes en début de carrière, les trips d'égo, comment fais-tu pour vivre quotidiennement avec ça? «Mon humour. Je peux les déstabiliser facilement. Et puis j'ai une théorie: dans la vie il y a les donneurs et les preneurs. Si je me ramasse avec un preneur, tu peux être certain qu'à la fin il va donner un peu et il va le savoir!», sourit Chantal Dubé. Et puis… «Ils savent que je vais me défoncer pour eux autres, je manque parfois de fini mais je n'ai pas de malice», conclut-elle.

L'avenir pour Chantal Dubé? Elle avoue vivre depuis longtemps ce qu'on appelle maintenant la simplicité volontaire, avoir peu de besoins matériels et ne devoir rien à personne. Mais elle n'a pas l'intention de lâcher la job demain matin pour autant. Chantal Dubé commence à voir des retombées concrètes de son travail acharné auprès des municipalités de la région notamment, pour qu'elles ouvrent leurs locaux, leurs scènes et leurs événements aux artistes émergents du milieu.

Idéalement, Visionn'Arts devrait appartenir aux artistes, devenir un centre d'artistes autogéré, réfléchit-elle à haute voix. Mais elle est prête à faire un autre bout de chemin en leur tenant la main et en jouant un peu à la mère, pour que «ses jeunes» soient de bons «ambassadeurs de la race humaine» là où ils se produisent.

Hé bon été, Chantal Dubé au grand cœur.

Photo Chantal DubePP8625

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