GUANTANAMO BAY, Cuba - Un juge militaire américain menace d'interrompre le procès du Canadien Omar Khadr si le gouvernement ne fournit pas à ses avocats des détails précis concernant son incarcération.
Les avocats de Khadr affirment que les détails concernant les interrogatoires auxquels il a été soumis à la base militaire de Guantanamo, à Cuba, ainsi que des informations au sujet de sa santé mentale pourraient leur permettre d'annuler certaines confessions incriminantes du jeune homme.
Le juge, le colonel Peter Brownback, a exprimé sa frustration dans le cadre d'une audience d'avant-procès, jeudi, quand il a constaté que le gouvernement ne s'est pas plié à sa demande de transmettre ces informations aux avocats de Khadr.
"Je me fais harceler depuis le 7 novembre par le major Groharing (qui est à la tête de la poursuite) pour que je fixe la date du procès, a dit le juge Brownback. Pour fixer une date de procès, l'enquête préliminaire doit être faite."
Le colonel Brownback a ordonné au gouvernement de transmettre les documents d'ici le 22 mai, faute de quoi il menace d'interrompre le procès.
Khadr, originaire de Toronto, est accusé d'avoir tué un soldat américain lors de combats en Afghanistan. Il a été arrêté en 2002, alors qu'il était âgé de 15 ans, et a été transféré à Guantanamo quatre mois plus tard. Il a déclaré sous serment avoir été maltraité, et affirme qu'il a eu tellement peur qu'il a dit aux enquêteurs ce qu'ils voulaient entendre.
Khadr pourrait être condamné à la prison à vie s'il est reconnu coupable des accusations de meurtre, de complot et de soutien au terrorisme auxquelles il fait face.
Son avocat, William Kuebler, croit que le traitement de son client à Guantanamo visait à l'empêcher de retirer le faux témoignage qu'il a fait sous la contrainte à la base aérienne de Bagram, en Afghanistan.
Si le gouvernement ne fournit pas les documents, le colonel Brownback pourrait annuler l'un des premiers procès d'un terroriste présumé à Guantanamo, où les Etats-Unis détiennent environ 270 hommes soupçonnés d'entretenir des liens avec al-Qaïda ou les talibans.
M. Kuebler croit toutefois que l'annulation du procès est peu probable, et enjoint le Canada de demander le rapatriement de Khadr, pour lui éviter un procès qui se terminera sans aucun doute par une condamnation.
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