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Douze conservateurs boudent le comité de l'éthique et irritent l'opposition

Presse Canadienne Article mis en ligne le 12 août 2008 à 23:00
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Douze conservateurs boudent le comité de l'éthique et irritent l'opposition
Mardi, Douglas Lowry, agent officiel de la campagne du comté de Trinity-Spadina lors de l'élection de 2006, a révélé au comité que le parti lui avait dit ne pas être "très emballé" par sa décision de témoigner. LA PRESSE CANADIENE/Tom Hanson
OTTAWA - Douze organisateurs et dirigeants conservateurs ont ignoré, mercredi, l'invitation à comparaître devant le comité de l'éthique qui étudie les dépenses électorales du Parti conservateur. Mais leur absence aura eu pour effet de renforcer la théorie des partis d'opposition qui y voient un refus systématique de collaborer.
Les partis d'opposition n'ont cependant pas l'intention de laisser ces organisateurs s'en tirer aussi facilement. Mercredi, le Bloc québécois a déposé une motion demandant au président des Communes de "délivrer les mandats nécessaires" pour forcer la comparution des témoins.
"On n'a pas l'intention qu'ils se défilent parce qu'ils ont des informations qu'on a bien envie d'entendre", a fait valoir la députée bloquiste Carole Lavallée, dont la motion devrait être débattue jeudi.
"C'est un mot d'ordre du Parti conservateur de ne pas envoyer les gens sur qui ils ont autorité", a-t-elle poursuivi.
Le comité attendait, mercredi après-midi, 12 organisateurs conservateurs, dont Doug Finley, le responsable de la campagne nationale; Michael Donison, ancien directeur du Parti conservateur; Patrick Muttart, stratège de la dernière campagne des conservateurs; ainsi que Pierre Coulombe, Michel Rivard et Nelson Bouffard, des organisateurs au Québec.
A ces 12 personnes, on doit aussi ajouter 11 agents officiels de candidats conservateurs lors des dernières élections, qui n'ont pas daigné se montrer le bout du nez depuis que le comité a entrepris ses travaux, lundi.
Toutes ces personnes ont eu un rôle à jouer dans les transferts de 1,3 million $ du Parti conservateur à 67 candidats, lors de l'élection de 2006. L'argent était versé dans le compte de la campagne d'un candidat pour aussitôt être retourné au parti.
Le montant a servi à défrayer les coûts de publicités nationales des conservateurs lors de la dernière campagne électorale.
Le stratagème, sur lequel Elections Canada enquête, aurait pu permettre au Parti conservateur de dépasser son plafond des dépenses électorales permises puisque le parti a attribué les dépenses aux 67 comtés ayant fait l'objet de transferts.
Par leur absence, les organisateurs conservateurs ont renforcé la théorie des partis d'opposition qui perçoivent une stratégie délibérée du Parti conservateur.
Dans ses échanges avec le greffier du comité parlementaire de l'éthique, Marc Duval, l'agent officiel du député Luc Harvey, aurait déclaré que le parti lui avait dit de refuser de témoigner. André Laurin, agent officiel de la ministre Josée Verner, aurait pour sa part dit au greffier que personne n'irait témoigner.
Mardi, Douglas Lowry, agent officiel de la campagne du comté de Trinity-Spadina lors de l'élection de 2006, a révélé au comité que le parti lui avait dit ne pas être "très emballé" par sa décision de témoigner.
Le député conservateur Gary Goodyear répète qu'en aucun temps le Parti conservateur n'a donné de mot d'ordre ou conseillé à une personne de ne pas témoigner.
Il a dit ne pas savoir pourquoi tous les organisateurs conservateurs ont boudé le comité, mercredi.
Reste que toutes ces personnes ont tout bonnement ignoré la citation à comparaître émise par le président du comité, un document similaire à celui émis dans le cadre d'une poursuite devant un tribunal. Cette démarche supplémentaire a été prise puisque les premières conversations téléphoniques avec tous ces témoins laissaient entendre qu'ils étaient peu enclins à se prêter à l'exercice de bon gré.
"Je ne connais pas leurs raisons. Que se passe-t-il si quelqu'un est en vacances, a eu une crise cardiaque ou doit se faire transplanter un rein?", a évoqué M. Goodyear.
Ce boycott inquiète toutefois les partis d'opposition, qui y voient un dangereux précédent pour la bonne marche des comités parlementaires et du Parlement.
"Pour nous assurer du bon fonctionnement des comités, je pense qu'on ne pourra pas passer outre cette situation", a indiqué le député libéral Marcel Proulx.
C'est aussi l'avis du néo-démocrate Pat Martin, qui y voit une "insulte" au Parlement et insiste pour qu'il y ait des conséquences sérieuses au refus de témoigner.
Par ailleurs, en matinée, les dirigeants de la firme responsable du placement des publicités conservatrices lors de la campagne de 2006 ont admis avoir été préoccupés par la façon de faire des organisateurs conservateurs.
Devant le comité de l'éthique, les dirigeants de Retail Media ont révélé avoir questionné leur client sur la légalité des dépenses.
Andrew Kumpf, vice-président de l'entreprise, et David Campbell, président de GroupM Canada (qui chapeaute Retail Media), ont expliqué avoir posé des questions sur cet aspect lors de deux conférences téléphoniques avec des organisateurs conservateurs ainsi que leur avocat, Paul Lepsoe.
Les deux hommes disent s'être fiés à l'expertise des organisateurs politiques et de l'avocat qui leur ont affirmé que le processus respectait la Loi électorale du Canada.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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