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Coupes en culture: les politiciens se dissocient des comparaisons à Hitler

Presse Canadienne Article mis en ligne le 27 août 2008 à 0:00
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MONTREAL - Les politiciens fédéraux se sont dissociés, mercredi, des rapprochements que certains manifestants ont faits entre les compressions du gouvernement conservateur en matière de culture et le régime nazi.
Plus d'un millier de comédiens, de chanteurs, de danseurs, d'écrivains, d'artistes visuels et de sympathisants se sont rassemblés à Montréal pour dénoncer les coupes de près de 45 millions $, avant de défiler dans les rues de la métropole.
Les représentants qui ont pris la parole ont accusé le gouvernement conservateur de vouloir "censurer" les artistes et d'aller à contre-courant de ce qui se fait ailleurs dans le monde.
Puis, sur la scène de la Société des arts technologiques (SAT), le compositeur et chef d'orchestre Walter Boudreau a prononcé un discours sarcastique sur les intentions du gouvernement fédéral, puis a conclu en lançant "Heil Harper!"
Plus tard, lors de la marche, on pouvait voir, bien en évidence sur une affiche, une croix gammée.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le député libéral Denis Coderre et le néo-démocrate Thomas Mulcair, qui assistaient à l'événement, ont dénoncé à l'unisson ces gestes disgracieux.
"Ces sont des comparaisons totalement inadmissibles qui enlèvent de la crédibilité aux objections très réelles qu'on peut formuler sur ces compressions-là", a commenté M. Mulcair lors d'un entretien téléphonique.
"Ca va faire oeuvre de diversion, ils (les conservateurs) vont s'en servir à mauvais escient, a renchéri M. Coderre. On peut être en maudit, je peux comprendre la frustration, mais il y a des limites à ne pas franchir."
"Il ne faut pas charrier", a quant à lui déclaré M. Duceppe, qui a plutôt choisi de faire un rapprochement entre Stephen Harper et l'ancien premier ministre québécois Maurice Duplessis.
Grand succès
Ces incidents ont jeté de l'ombre sur une manifestation qui a par ailleurs été couronnée de succès.
Devant des centaines de personnes entassées dans les locaux de la SAT se sont notamment relayés André Ménard, cofondateur du Festival international de jazz de Montréal, Lorraine Pintal, directrice du Théâtre du Nouveau Monde, Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal, et Edouard Lock, fondateur de la compagnie de danse La La La Human Steps.
"Il faut se questionner sur la sincérité d'un gouvernement qui reconnaît le peuple québécois comme étant une nation alors qu'il n'hésite pas à couper dans le coeur même de son existence: la culture", a affirmé la productrice de cinéma Denise Robert.
"En plus d'assurer la stabilité financière de dizaines d'organisations à travers le Canada, le soutien financier du gouvernement facilite la collecte de dons privés qui, à leur tour, permettent de promouvoir les productions d'ici à l'étranger et d'attirer chez nous des investissements internationaux dans la culture", a-t-elle ajouté.
La présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, est venue apporter le soutien du milieu des affaires aux artistes.
"Nous craignons que ces politiques rétrogrades nous ramènent à un obscurantisme passéiste que nous pensions révolu: un exode des cerveaux et des jeunes", a quant à elle souligné Monique Savoie, présidente-fondatrice de la SAT.
Etaient aussi présents à la manifestation l'écrivain Michel Tremblay, le chanteur Pierre Lapointe, le président de l'Union des artistes, Raymond Legault, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay.
La manifestation était organisée par l'organisme Culture Montréal et le Conseil des arts de Montréal.
Ces dernières semaines, Ottawa a annoncé des compressions de près de 45 millions $ dans le financement des arts au pays, en abolissant ou en restreignant plusieurs programmes jugés cruciaux par le milieu culturel.
Plusieurs artistes entendent profiter de la prochaine campagne électorale fédérale, attendue sous peu, pour faire reculer le gouvernement.
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