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La volonté des libéraux de renverser le gouvernement s'effrite

Presse Canadienne Article mis en ligne le 4 décembre 2008 à 0:00
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La volonté des libéraux de renverser le gouvernement s'effrite
La volonté des libéraux de renverser le gouvernement conservateur a commencé à faiblir, jeudi, presque immédiatement après que le premier ministre Stephen Harper eut obtenu la prorogation du Parlement. LA PRESSE CANADIENNE/Fred Chartrand
OTTAWA - La volonté des libéraux de renverser le gouvernement conservateur a commencé à faiblir, jeudi, presque immédiatement après que le premier ministre Stephen Harper eut obtenu la prorogation du Parlement.
Moins d'une heure après l'annonce de la décision de la gouverneure générale d'accepter la suspension des activités parlementaires jusqu'au 26 janvier, certains députés libéraux remettaient en doute la pertinence de poursuivre l'aventure d'une coalition libérale et néo-démocrate soutenue par le Bloc québécois.
Le député de Toronto, Jim Karygiannis, a fait valoir que les libéraux avaient perdu leur chance de faire tomber le gouvernement. M. Karygiannis a dit croire que la coalition ne pouvait de toute façon pas fonctionner tant que Stéphane Dion restera le chef du Parti libéral, et ainsi le premier ministre potentiel.
D'autres députés libéraux ont simplement souhaité qu'une résolution pacifique de la crise parlementaire puisse être trouvée pour permettre de s'attaquer aux problèmes économiques.
"Nous avons tous pris un valium collectif, ce qui est une bonne chose, et souhaitons que nous puissions rétablir des ponts à la Chambre des communes. C'est ce dont le pays a besoin", a estimé le député libéral de Victoria, Keith Martin.
Le député de Terre-Neuve-et-Labrador, Scott Simms, a affirmé que son intérêt pour les jeux politiques et les stratégies de procédures en avait pris un coup, jeudi matin, quand 1100 employés d'usine dans sa circonscription ont perdu leur emploi. "Je crois que les 308 membres du Parlement se doivent de se réaligner sur les préoccupations des Canadiens au cours des deux prochains mois", a soutenu M. Simms.
La députée de Toronto, Judy Sgro, a fait valoir que tous les partis avaient perdu de la crédibilité aux yeux des Canadiens en ne portant pas leur attention sur les enjeux économiques.
Tant le Nouveau Parti démocratique (NPD) que le Bloc québécois ont semblé ne pas fléchir dans leur volonté de remplacer le gouvernement conservateur avec leur coalition. Mais en privé, des stratèges des deux partis ont exprimé des craintes quant à la capacité du Parti libéral de conserver l'unité de ses troupes d'ici le 26 janvier.
Stéphane Dion et son caucus se sont réunis pendant trois heures après l'annonce de la décision de la gouverneure générale, Michaëlle Jean. Au terme de cette rencontre, ils ont réitéré la force de leur engagement dans la coalition et leur volonté de voir M. Dion y présider, à tout le moins jusqu'à ce que le PLC lui trouve un successeur en mai.
Mais un signal encore plus important de la fragilité de la coalition est venu du favori présumé de la course à la direction du PLC, Michael Ignatieff.
L'ex-professeur à l'Université Harvard était déjà tiède à l'idée d'une coalition. Jeudi, il a laissé entendre que la coalition était un moyen d'arracher un compromis à Stephen Harper. "C'est le seul outil qui nous a fait avancer. Le premier ministre n'aurait reculé sur rien s'il n'avait pas eu à faire face à une arme très crédible de dissuasion", a affirmé M. Ignatieff.
Son principal rival dans la course à la direction, Bob Rae, estime que la prorogation du Parlement ne fait que repousser l'inévitable renversement du gouvernement conservateur. "Ne me demandez pas de donner de la légitimité à un premier ministre qui a pratiquement qualifié de traîtres, mercredi soir, à la télévision, tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui", a argué l'ancien premier ministre de l'Ontario.
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