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Un déserteur américain demande à Ottawa de renverser un avis de déportation

Presse Canadienne Article mis en ligne le 21 mai 2008 à 0:00
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Un déserteur américain demande à Ottawa de renverser un avis de déportation
Corey Glass. LA PRESSE CANADIENNE /Colin Perkel
TORONTO - Un sergent de l'armée américaine qui a refusé d'être redéployé en Irak a exhorté le gouvernement canadien mercredi à lui permettre de rester au pays.
La demande de statut de réfugié de Corey Glass a été rejetée parce que l'Agence des services frontaliers croit que l'individu ne sera pas persécuté par les autorités américaines même s'il risque d'être poursuivi.
L'organisme a ordonné au sergent américain de quitter le pays d'ici trois semaines.
Corey Glass, âgé de 25 ans, serait le premier déserteur américain de la guerre en Irak à faire face à une déportation imminente au Canada.
M. Glass a appelé les citoyens canadiens et le gouvernement canadien à honorer leur tradition de respect des droits de la personne et à soutenir sa décision de ne pas prendre part à une guerre qu'il juge injuste.
Dans la décision rendue mercredi, l'Agence conclut que le risque est très mince de voir M. Glass, qui réside présentement à Toronto, être persécuté aux Etats-Unis.
Le sergent américain a jusqu'au 12 juin pour quitter le pays de gré ou de force.
M. Glass, originaire de Fairmount, dans l'Indiana, s'est enrôlé dans l'armée américaine en 2002, estimant qu'il s'agissait d'une "organisation humanitaire". M. Glass affirme qu'on lui avait dit qu'il ne serait jamais déployé outre-mer pour une mission de combat.
En 2005, il a été envoyé en Irak, où il a passé cinq mois au sein des services de renseignement. Ce travail, a-t-il souligné, lui a donné une bonne idée de ce qui se passait sur le terrain.
"J'ai réalisé que des personnes innocentes étaient tuées injustement", a déclaré M. Glass.
Le sergent a profité d'une permission aux Etats-Unis pour déserter. Après sept mois passés à fuir les autorités, il s'est envolé pour le Canada sachant que le pays avait été la destination de d'autres déserteurs, et que le Canada avait accordé le refuge à des dizaines de milliers de déserteurs de la guerre du Vietnam dans les années 1970.
Il est arrivé au Canada en août 2006, ayant suivi les pas d'environ 200 autres soldats américains jugeant illégale la guerre en Irak puisqu'elle n'a pas reçu la sanction des Nations unies.
L'avocate Alyssa Manning a indiqué que M. Glass demanderait sûrement une révision judiciaire et une suspension de l'avis de déportation, en prétextant que les autorités fédérales ont omis de tenir compte de châtiments infligés récemment à des déserteurs aux Etats-Unis.
Dans un cas récent, un soldat qui s'était absenté sans permission pendant sept semaines a été emprisonné pendant sept mois et a reçu une exclusion pour cause d'indignité, ce qui revient à avoir un dossier criminel.
Le déserteur de la guerre du Vietnam Lee Zaslofsky a qualifié la journée de mercredi de "jour noir", arguant que le Canada, qui avait refusé de sanctionner la guerre américaine en Irak, reniait aujourd'hui une longue tradition d'accueil des dissidents américains.
Joshua Key, un autre déserteur dont la demande de statut de réfugié est actuellement étudiée en cour d'appel fédérale, a soutenu que la décision concernant M. Glass était matière à inquiétude pour ceux qui espèrent rester au Canada.
Plusieurs groupes religieux ont émis une déclaration pressant le gouvernement de reconnaître les déserteurs comme des objecteurs de conscience.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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