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L'ADQ dénonce la gestion des urgences par Philippe Couillard

Presse Canadienne Article mis en ligne le 21 mai 2008 à 0:00
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QUEBEC - Malgré les engagements répétés des libéraux de Jean Charest, la situation dans les urgences du Québec continue de se détériorer, a dénoncé mercredi l'Action démocratique du Québec (ADQ).
Le député Eric Caire y voit pour preuve le plus récent "palmarès des urgences" dressé par un quotidien montréalais, qui établit à 16 heures 30 minutes le temps d'attente moyen dans les urgences du Québec en 2007-2008. Il s'agit d'une augmentation de 12 minutes comparativement à l'année précédente.
"Dans des pays civilisés où le système de santé soigne les gens, je pense entre autres à la France, le temps d'attente est de moins de quatre heures dans une urgence, et ce n'est pas un objectif, c'est une réalité", a fait valoir le porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.
Au Québec, l'attente moyenne, très longue, illustre "l'incurie" du ministre de la Santé Philippe Couillard, conclut le député adéquiste.
"Le ministre refuse le constat qu'il y a trop de lits de courte durée qui sont occupés par des gens qui sont en attente d'hébergement. Il refuse le constat de la pénurie d'infirmières, refuse le constat que ça prend plus de médecins de famille, que ça prend un accès rapide aux médecins de famille, que tous ces facteurs-là contribuent à augmenter la pression sur les urgences", a-t-il analysé.
Les données colligées auprès de plus de 80 établissements de santé démontrent du reste que le gouvernement Charest aura bien du mal à ramener le temps d'attente moyen à 12 heures dès 2010, conformément à l'objectif qu'il s'était fixé.
Pour l'ADQ, la solution aux problèmes des urgences passe nécessairement par l'apport du secteur privé. L'opposition officielle plaide aussi pour une réorganisation du travail, une meilleure rétention du personnel infirmier et un plus grand recours aux médecins étrangers.
M. Caire n'a cependant pas été en mesure d'évaluer le coût de l'ensemble des mesures qu'il avance.
Pour sa part, le ministre Couillard refuse de s'alarmer, tout en admettant que la durée d'attente dans les urgences demeure à l'évidence trop longue.
"Est-ce qu'on peut dire que la situation des urgences est satisfaisante? Non. Est-ce qu'on peut dire qu'il y a des efforts énormes avec des résultats qui sont observables? Oui", a déclaré le ministre de la Santé, faisant remarquer qu'une cinquantaine d'hôpitaux avaient "maintenu ou amélioré" leur performance.
"Ce n'est pas assez, mais cela démontre un gain d'efficacité et que les gens se mobilisent", a-t-il ajouté.
D'après le palmarès, la pire urgence de la province se trouve à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) de Montréal, avec une durée de séjour de 35,36 heures.
L'établissement de la métropole affiche aussi la plus forte proportion de séjours de plus de 48 heures, avec 27,6 pour cent.
L'état des urgences apparaît bien sombre, mais il faut tenir compte du contexte, s'est défendue de son côté l'Agence de Montréal.
"Ces résultats ont été obtenus alors que d'importants problèmes d'infections nosocomiales ont touché certains hôpitaux de Montréal (notamment HMR) et que les problèmes de disponibilité de main-d'oeuvre se posent avec une acuité accrue partout dans la région montréalaise", souligne l'Agence dans un communiqué.
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