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Dans ses mémoires, Paul Martin s'en prend à son rival de toujours, Jean Chrétien

Presse Canadienne Article mis en ligne le 23 octobre 2008 à 23:00
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OTTAWA - Dans ses mémoires, l'ancien premier ministre libéral Paul Martin s'en prend à Jean Chrétien, son rival de toujours, et l'accuse de lui avoir laissé entre les mains "une bombe à retardement" en lui léguant le scandale des commandites.
"Contre vents et marées", une brique de plus de 550 pages, contient un chapitre entier sur le scandale des commandites, et plusieurs flèches à l'endroit du prédécesseur de M. Martin au 24, Sussex.
Dans cette autobiographie publiée chez Fides à paraître lundi, M. Martin reproche à M. Chrétien d'avoir fait en sorte que le rapport de la vérificatrice générale Sheila Fraser ne soit rendu public qu'une fois qu'il ait quitté son poste de premier ministre et qu'il soit remplacé par M. Martin.
Le scandale des commandites a fortement entaché le Parti libéral du Canada, qui a perdu les élections au profit des conservateurs de Stephen Harper en 2006.
"Le premier ministre (Jean Chrétien) s'était déjà organisé pour que le rapport, qui traitait d'un problème qui s'était produit alors qu'il était en fonction, ne soit publié que lorsque je serais en poste", écrit M. Martin.
Il prétend qu'en s'esquivant prématurément, M. Chrétien a refusé de faire face à la musique.
"Pour Jean Chrétien, la présentation du rapport de la vérificatrice générale aurait certainement été une dure pilule à avaler à la veille de sa retraite de la vie politique (...). Toutefois, soit parce qu'il craignait que son héritage ne fût entaché par le scandale des commandites, soit en raison de son aigreur à mon égard - il est le seul à pouvoir trancher la question - il fit en sorte de retarder la publication du rapport jusqu'à ce que j'aie pris sa place au 24 Sussex", peut-on lire dans ses mémoires.
Mais dans sa propre autobiographie parue l'année dernière, M. Chrétien donne une version tout à fait différente de ces événements.
Il soutient que c'est M. Martin et ses acolytes eux-mêmes qui l'ont pressé à quitter au plus vite, alors que lui serait resté volontiers jusqu'en février 2004, après le dépôt du fameux rapport.
"A l'automne 2002, les partisans de Martin avaient tellement hâte de mesurer les rideaux dans le bureau du premier ministre et de se promener en limousine qu'ils ont obtenu de l'exécutif du parti d'avancer le congrès au leadership pour le fixer à novembre 2003", écrit Jean Chrétien dans "Passion politique" paru chez Boréal en 2007.
La rivalité entre ces deux politiciens a ainsi perduré au-delà de leur mandat respectif, les deux s'accusant mutuellement d'avoir multiplié les coups pour faire du tort à l'autre.
Dans son bouquin, M. Martin s'efforce longuement de rappeler au lecteur qu'il n'avait rien à voir avec le scandale. Il aurait appris l'existence d'irrégularités liées au programme des commandites "comme la plupart des gens" en lisant les articles du Globe and Mail, puisque, explique t-il, M. Chrétien l'avait écarté "du dossier québécois".
M. Martin raconte également la façon cavalière dont M. Chrétien l'a "démissionné" de son poste de ministre des Finances en juin 2002, alors que les tensions entre les deux hommes étaient à leur paroxysme.
M. Martin aurait appris à la radio que le premier ministre avait déjà nommé John Manley pour le remplacer, avant même qu'il ait pu remettre sa démission.
L'ouvrage renferme par ailleurs quelques passages sur la vie personnelle de M. Martin, de son enfance à Windsor à son premier rendez-vous galant "au bowling" avec sa femme Sheila.
Il contient également des chapitres sur ses années passées à la barre de Canada Steamship Lines, sur son saut en politique, sur son expérience de ministre des Finances et sur les principaux dossiers dont il s'est occupé alors qu'il était premier ministre.
M. Martin explique par ailleurs comment, lui qui a pourtant la réputation d'avoir du mal à prendre des décisions, il a rapidement conclu qu'il devait démissionner le soir même de sa défaite en janvier 2006.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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