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Le CIO ne fera pas enquête sur des propos controversés de Dick Pound

Presse Canadienne Article mis en ligne le 22 octobre 2008 à 23:00
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VANCOUVER, B.C. - Le Comité international olympique (CIO) n'ouvrira pas d'enquête au sujet des propos du Montréalais Richard Pound, un des hauts dirigeants de l'organisation, qui a choqué plusieurs membres des premières nations.
M. Pound, membre du CIO et du comité organisateur des Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver, a provoqué la colère de certains groupes autochtones suite à une entrevue accordée au quotidien La Presse en août dernier. M. Pound s'est depuis excusé. Il a plaidé devant le CIO qu'il n'avait aucune intention méprisante lorsqu'il a fait cette déclaration.
La commission d'éthique du CIO a affirmé jeudi qu'elle n'ouvrira pas d'enquête, et suggère au groupe autochtone qui a déposé la plainte contre M. Pound de s'adresser directement à lui.
L'organisme québécois Terres en vue, qui s'assure de la diffusion de la culture autochtone, avait déposé une plainte auprès du CIO le 2 octobre dernier, soit près de deux mois après l'entrevue controversée.
"Si l'on considère la force des propos émis par M. Pound, cela représente une réponse très faible", a affirmé le directeur de Terres en vue, André Dudemaine, au sujet de la décision du comité. "Je crois qu'ils essaient de se défiler de leurs responsabilités. Nous pouvons conclure qu'en quelque sorte, ils endossent les commentaires pour lesquels Richard Pound devrait être désolé."
On avait demandé à M. Pound si la Chine aurait dû obtenir les Jeux olympiques étant donné son dossier en matière de droits de la personne. Il avait alors répondu qu'il y a 400 ans, le Canada n'était qu'"un pays de sauvages", pour illustrer le fait que le Canada était un pays jeune en comparaison avec la Chine ou l'Europe.
M. Dudemaine refuse les excuses de Richard Pound. "S'il veut s'excuser, il devrait d'abord reconnaître que ce qu'il a dit est très offensant", a affirmé le directeur de Terres en vue.
"Ce n'est pas simplement l'utilisation du mot 'sauvage' qui est offensante, c'est la phrase au complet où il a utilisé ce mot pour cibler un groupe humain - les premiers habitants d'Amérique. Il dit qu'ils ne sont pas aussi civilisés que les Européens ou les Chinois."
Terres en vue tentait de déterminer la meilleure approche pour faire face à la problématique, et c'est pour cela que l'organisme a mis deux mois avant de remplir la plainte auprès du CIO, selon M. Dudemaine.
André Dudemaine a aussi affirmé que son groupe avait été étonné de voir que personne ne s'est soucié de la plainte plus tôt, et croit que cela démontre bien le fait que les insultes envers les autochtones sont devenues communes.
"C'est presque normal maintenant de dire des choses au détriment des Premières Nations. Ce genre de commentaires auraient clairement été dénoncés rapidement s'ils avaient été dirigés vers d'autres groupes de la population."
Il n'y a pas eu de contact entre l'organisme Terres en vue et Richard Pound depuis la publication de l'entrevue en août dernier. M. Dudemaine a affirmé que personne au sein de l'organisme a quelque chose à dire à M. Pound, mais que cette décision pourrait être reconsidérée en regard de la décision du CIO.
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