LONDON, Ontario - L'ancien premier ministre Jean Chrétien a affirmé qu'il était "sous le choc" face à la très faible participation électorale lors du dernier scrutin fédéral.
Le 14 octobre dernier, la participation électorale a atteint un creux historique, alors qu'environ 60 pour cent des électeurs se sont présentés aux urnes.
M. Chrétien a indiqué que des jeunes lui avaient dit que plusieurs n'avaient pas voté parce qu'ils estiment que l'exercice de leur droit de vote n'a pas d'importance. L'ancien premier ministre, qui se trouvait à l'Université de Western Ontario jeudi où il recevait un doctorat honorifique, a répliqué devant un auditoire que c'était tout le contraire.
L'ancien chef du Parti libéral du Canada (PLC) a expliqué que son gouvernement avait fait une différence en choisissant de ne pas participer à la guerre en Irak. Au cours de la campagne électorale, M. Chrétien avait reproché au premier ministre Stephen Harper d'avoir appuyé le conflit lorsque son parti siégeait du côté de l'opposition à la Chambre des communes.
M. Chrétien a ajouté que son gouvernement avait également fait une différence en adoptant la Loi sur la clarté. Elaborée par le chef sortant du PLC, Stéphane Dion, la loi a établi des règlements sévères dans le cas d'un référendum qui proclamerait l'indépendance du Québec
Les libéraux ont vu leur nombre de sièges aux Communes réduit à 76, la semaine dernière, par rapport à 103 sièges remportés lors du scrutin de 2006. Le parti a récolté seulement 26,2 pour cent du vote populaire.
M. Chrétien, qui a obtenu trois gouvernement majoritaires à la tête des libéraux, s'est montré philosophe face à la défaite de son parti, expliquant qu'on en gagne et qu'on en perd dans une démocratie.
Il a refusé de critiquer son successeur, Stéphane Dion, qui a annoncé sa démission lundi à la suite d'un des pires résultats électoraux du parti en plus d'un siècle.
"M. Dion a fait une bonne campagne (mais) il n'a pas gagné. Alors il a démissionné. Nous ferons mieux la prochaine fois", a-t-il affirmé.
L'ancien premier ministre n'a pas soulevé que M. Dion, lorsqu'il était ministre, avait été à l'origine de la Loi sur la clarté. La loi a coûté plusieurs votes à M. Dion et l'a privé de l'appui dont il avait besoin au Québec, mais M. Chrétien a affirmé que la loi avait permis de consolider l'unité canadienne.
Les libéraux, comme n'importe quel parti à l'issue d'une défaite électorale, devront se réorganiser, a expliqué M. Chrétien, et ils feront mieux la prochaine fois.
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