MONTREAL - Le Canada ne rend pas service à l'Afghanistan en dépensant la majeure partie du fonds de développement à Kandahar, a affirmé jeudi une militante pour les droits humains en Afghanistan.
La présidente de l'organisme Afghanistan Independant Human Rights Commission, Sima Samar, a affirmé que les pays étrangers comme le Canada concentrent leurs budgets de développement et de reconstruction sur des régions instables où le développement est difficile.
Pendant ce temps, d'autres régions du pays plus stables sont ignorées alors qu'il serait plus facile de les développer, a affirmé Mme Samar lors de son passage à Montréal.
En annonçant sa stratégie de retrait des troupes pour 2011 au printemps dernier, le Canada a déclaré qu'il concentrerait ses efforts à Kandahar.
Le budget canadien pour le développement est passé de 1,3 milliards $ à 1,9 milliards $. La moitié ce celui-ci est destiné à des programmes au sud de la province, où la majorité des 2500 troupes canadiennes sont basées.
Bernard Etzinger, de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) reconnaît que les dollars dépensés à l'extérieur de la ville de Kandahar se concentrent largement sur la gouvernance et les institutions nationales. Même l'aide humanitaire et celle aux services de base sont principalement acheminées au sud du pays, a-t-il affirmé.
Mme Samar croit que le manque de développement de ces régions risque de déplaire aux insurgés et n'aide pas à gagner le coeur des citoyens afghans.
Sima Samar a également dénoncé l'augmentation des pertes civiles, estimées par la mission d'assistance des Nations unies à 1 445 morts dans les huit premiers mois de l'année. Causés par les troupes de la coalition, ces pertes servent uniquement à réduire la confiance du public envers la communauté internationale, selon elle.
Mais toujours selon Mme Samar, ce qui est le plus important est de construire la capacité de l'armée et de la police nationale afghane afin qu'elles puissent endosser la responsabilité de la sécurité du pays.
Ces deux objectifs font déjà parti de la stratégie du retrait des troupes canadiennes. Mme Samar soutient néanmoins que les salaires peu élevés posent un problème majeur lorsqu'il est question de mobiliser les effectifs sur le terrain et réduire la corruption au sein des rangs.
Même si l'attribution des salaires relève du gouvernement afghan, le Canada pourrait jouer un rôle dans l'augmentation de ceux-ci, selon Mme Samar.
M.Etzinger affirme quant à lui que l'ACDI a déjà investi 40 millions de $ dans le Fonds d'affectation spéciale pour le maintien de l'ordre en Afghanistan un programme de développement des Nations unies.
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