Le leader de l'Action démocratique du Québec Mario Dumont. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
QUEBEC - Les deux députés qui ont quitté la barque adéquiste au profit du Parti libéral n'étaient pas "les meilleurs", s'est consolé jeudi le chef de l'ADQ, Mario Dumont.
Le leader de l'Action démocratique du Québec n'a pu s'empêcher de décocher quelques flèches à l'endroit de ses anciens collègues du caucus, André Riedl et Pierre Michel Auger, qui ont fait défection pour se joindre aux libéraux de Jean Charest.
Selon M. Dumont, les deux députés ont agi par pure couardise, incapables d'affronter les vents défavorables qui soufflent sur l'ADQ.
"Je vais vous dire franchement, si des gens font dans leurs culottes pour trois ou quatre mauvais sondages, c'est peut-être mieux que ça arrive maintenant", a dit le chef adéquiste, en point de presse à l'Assemblée nationale, peu après l'annonce de la défection des deux élus.
"S'ils n'ont pas les idées, les convictions et les valeurs adéquistes tatouées au coeur, on ne peut pas aller très, très loin avec ça", a-t-il ajouté, s'efforçant d'afficher un air serein.
M. Dumont a trouvé ironique de voir combien le premier ministre Jean Charest, qui accueilli MM. Riedl et Auger à bras ouverts, avait été généreux de ses compliments envers les deux transfuges.
"Le premier ministre Charest, qui a toujours été très hautain avec l'équipe adéquiste, soudainement il en ramasse deux, pas nécessairement les meilleurs, et là, ce sont des talents extraordinaires", a-t-il fait remarquer.
Mais si M. Dumont semble aujourd'hui considérer André Riedl plus ou moins comme du bois mort, ce n'était pas le cas lors de la campagne électorale de 2007. A cette époque, le chef de l'ADQ présentait son candidat d'Iberville comme le troisième pilier de son "équipe économique" aux côtés de Gilles Taillon et Linda Lapointe.
Certes, le passage de deux députés dans les rangs de l'adversaire au pouvoir "n'est pas une bonne nouvelle dans la vie d'un parti", a convenu le leader adéquiste qui, à ce titre, accepte d'assumer une "part de responsabilité".
Mal en point, l'ADQ est en chute libre dans les sondages et le moral des militants, déjà peu élevé, vient assurément d'en prendre encore un coup.
Les deux désertions sont-elles un signe annonciateur d'une saignée de députés au profit des autres partis? A cette question, M. Dumont offre une réponse teintée de circonspection.
"On vient d'avoir un caucus (...) et les gens sont unis et déterminés à travailler. Maintenant, dans un système d'adhésion libre et volontaire, on évolue tous comme êtres humains", a-t-il dit.
D'autre part, par respect pour leurs commettants, MM. Riedl et Auger devraient remettre leur démission et tenter de se faire réélire sous leur nouvelle bannière, a opiné M. Dumont.
"Qu'ils aillent vérifier auprès des électeurs de Champlain (et) des électeurs du comté d'Iberville le niveau d'appui réel qui existe envers leur adhésion au Parti libéral", a-t-il lancé.
Après avoir encaissé la nouvelle, les élus adéquistes ont voulu jeudi serrer les rangs et laisser une impression d'unité.
Le jeune député Simon-Pierre Diamond a été le plus éloquent. Il ne s'est pas gêné pour dire tout le mal qu'il pensait de la décision de ses anciens alliés de sauter la clôture.
"Les gens qui se donnent aux plus offrants, on en voit souvent au centre-ville tard le soir mais au Parlement, des gens qui font le trottoir, nous en voyons très rarement", a-t-il lâché.
Au Parti québécois, l'aile parlementaire est demeurée discrète. Le député Marjolain Dufour a cependant accepté de faire part de son interprétation des événements.
"A l'évidence, il y a de l'eau dans le gaz à l'ADQ", a-t-il analysé.
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