QUEBEC - Le député libéral Russell Copeman a annoncé mercredi qu'il quitte la vie politique pour un poste de vice-recteur dans une université montréalaise.
M. Copeman, qui représentait la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce depuis 14 ans, a déclaré qu'il s'en va sans amertume, même s'il n'a jamais été ministre.
Il a indiqué qu'il ne cherchait pas d'emploi au moment où le poste de vice-recteur aux affaires gouvernementales à l'Université Concordia lui a été proposé.
"Je suis un être humain, j'aurais aimé accéder à d'autres fonctions mais je ne suis pas amer, a-t-il dit lors d'un point de presse. Je sais combien il est compliqué de composer un conseil des ministres et je suis très satisfait des 14 années passées à l'Assemblée nationale."
M. Copeman n'a pas voulu se prononcer sur la nécessité d'assurer la représentation anglophone au conseil des ministres ainsi que dans sa circonscription, située à Montréal.
Il a toutefois reconnu que son successeur dans Notre-Dame-de-Grâce devrait avoir un certain profil.
"Le comté de Notre-Dame-de-Grâce demeure l'un des quelques comtés où la population est majoritairement d'expression anglaise. Je pense qu'un profil de candidat s'impose mais je n'en dirai pas plus."
Quant au conseil des ministres, où la communauté anglophone n'est représentée que par la ministre de l'Immigration, Yolande James, M. Copeman a répété que sa composition demeurait un exercice complexe, qui doit cependant témoigner de la diversité de la population.
"Il est important qu'un conseil des ministres reflète la composition de la société québécoise, reflète cette diversité, mais je n'en dirai pas plus", a-t-il dit.
Au moment où il a annoncé son départ, à l'Assemblée nationale, M. Copeman a déclaré à ses collègues qu'il avait décidé de démissionner parce que son intérêt pour le travail parlementaire avait diminué.
"La flamme n'est pas éteinte, mais elle ne brûle pas aussi intensément, a-t-il affirmé. Et, quand on se rend compte de cela, il est le temps de partir pour le bien de soi-même, les électeurs, notre parti et l'institution."
M. Copeman a amorcé sa carrière en briguant, sans succès, l'investiture libérale dans Notre-Dame-de-Grâce, en 1987. Deux ans plus tard, il a été nommé attaché politique de l'ancien premier ministre Robert Bourassa, avant d'être élu en 1994.
Le député a expliqué mercredi que les causes liées à la justice sociale l'avaient toujours mobilisé. Il a d'ailleurs rappelé les travaux d'un groupe de réflexion sur la pauvreté au Québec, présidé par Claude Ryan, auxquels il a pris part.
"Ce fut un honneur de travailler à côté de ce grand humaniste, et cette expérience m'a beaucoup enrichi", a-t-il dit.
M. Copeman est le quatrième député libéral à quitter le gouvernement depuis le début de l'année.
En avril dernier, Roch Cholette a démissionné. Il a été suivi, en juin, par l'ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard, et par l'ancien président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, qui a quitté en septembre.
Le Parti libéral, qui est minoritaire à l'Assemblée nationale, compte désormais 46 députés, l'Action démocratique, qui forme l'opposition officielle, en a 41, tandis que le Parti québécois, deuxième groupe parlementaire, a une représentation de 36 députés.
Deux sièges sont vacants depuis mercredi.
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