MONTREAL - Un autre palmarès vient s'ajouter au casse-tête des parents qui veulent choisir une école secondaire pour leur enfant, mais un palmarès qui, cette fois, permet de mesurer le rôle réel de l'école dans le succès de l'enfant, selon ses promoteurs.
Le magazine L'Actualité publie ainsi cet autre palmarès des écoles secondaires, en partenariat avec l'Institut économique de Montréal. Il s'agit de son neuvième palmarès, mais complètement renouvelé.
Plutôt que de se borner à comparer les écoles entre elles en fonction du rendement aux examens du ministère, ce palmarès tient compte des écoles qui sélectionnent ou pas leurs élèves, par exemple. De nombreuses écoles secondaires, mêmes publiques, sélectionnent en tout ou en partie leurs élèves, comme le font les écoles internationales.
Grâce à cet indicateur appelé d' "impact", on mesure ainsi l'influence de l'école sur le rendement de ses élèves. Il en résulte que les écoles publiques paraissent beaucoup mieux.
Par exemple, selon cet indicateur d'impact, la polyvalente Horizon-Blanc, une école publique de Fermont sur la Côte-Nord du Québec, arrive première, même si elle ne sélectionne pas sa clientèle étudiante.
L'école internationale de Montréal, une école publique mais qui sélectionne ses élèves, se classe très haut, tant sous l'indicateur d'impact que sous l'indicateur de résultat (basé sur les examens du ministère, comme le précédent palmarès).
Et le Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, une école privée qui ne sélectionne pas ses élèves, se classe bien sous les deux indicateurs, d'impact et de résultat.
Les promoteurs de ce palmarès considèrent qu'il vaut mieux évaluer l'école en tenant compte des deux indicateurs pour évaluer plus correctement les écoles qui ne sélectionnent pas les élèves. Aucun indicateur n'est meilleur que l'autre, conclut Mathieu Laberge, coauteur du palmarès et économiste à l'Institut économique de Montréal.
La rédactrice en chef de L'Actualité, Carole Beaulieu, admet l'influence de ce critère de la sélection des élèves, qui était un reproche fréquemment formulé lors des précédents palmarès. "Une école qui sélectionne, qu'elle soit privée ou publique, est une école qui, d'une certaine manière, est dopée aux stéroïdes. Ses élèves démarrent la compétition mieux préparés que les autres. Le nouveau classement tient compte de cette sélection", a-t-elle fait valoir, au cours d'une rencontre avec la presse.
Elle défend la pertinence de ses palmarès. "Depuis neuf ans, les classements ont eu le grand mérite de faire reculer la culture du secret qui entoure la performance des écoles".
Elle suggère d'ailleurs différents moyens pour améliorer l'apprentissage et les services dispensés par l'école: mieux payer les enseignants qui oeuvrent dans les milieux difficiles, par exemple, et donner plus de pouvoirs aux directeurs d'école pour adapter leurs services aux besoins.
La Centrale des syndicats du Québec, qui regroupe les syndicats d'enseignants du primaire et du secondaire, a fait savoir qu'elle n'émettrait pas de commentaires sur ce palmarès. Plus tôt cette semaine, elle s'était associée au groupe de chercheurs, parents, commissions scolaires et établissements privés qui avait dénoncé les palmarès.
Avec une pointe d'humour, l'organisation syndicale conseille aux parents qui sont soucieux du bien-être de leurs enfants et de leur développement de se procurer plutôt le Guide des jouets, qui vient de paraître.
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