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Harper se dote d'un cabinet fort en économie mais où le Québec est faible

Presse Canadienne Article mis en ligne le 25 octobre 2008 à 23:00
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Harper se dote d'un cabinet fort en économie mais où le Québec est faible
Le premier ministre Harper et sa femme Laureen. LA PRESSE CANADIENNE /Sean Kilpatrick
OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper a dévoilé jeudi les membres de son nouveau cabinet: une équipe forte en économie "en ces temps d'incertitude" mais où le Québec n'occupe pas une très grande place.
Dans son point de presse, M. Harper a beaucoup insisté sur les défis qui attendent son gouvernement au cours des prochains mois.
"Les bases de l'économie canadienne demeurent plus solides, plus stables et plus durables que celles de nombreux autres pays, mais au même moment, on ne peut pas être complètement immunisés contre ce qui se passe au-delà de nos frontières", a-t-il déclaré d'entrée de jeu.
"C'est pourquoi notre responsabilité principale au cours de notre nouveau mandat sera d'assurer que les familles et les entreprises canadiennes ont la sécurité dont elles ont besoin pour traverser toute tempête économique mondiale", a-t-il ajouté.
M. Harper dit avoir essayé de confier les dossiers économiques importants à ses ministres "les plus forts". Fait à noter: aucun d'entre-eux n'est québécois.
Le premier ministre parlait à l'évidence de Jim Flaherty, qui reste aux Finances, mais aussi de Stockwell Day, qui hérite du Commerce international et de Tony Clement, qui prend les rênes de l'Industrie.
Le commentaire visait aussi probablement Diane Finley aux Ressources humaines, de même que John Baird, qui délaisse l'Environnement et passe aux Transports et aux Infrastructures. A peine assermenté, ce dernier parlait déjà d'accélérer les investissements pour favoriser l'emploi.
Le cas de Jim Prentice est plus délicat. Cet Albertain considéré comme l'un des plus compétents de l'entourage de Stephen Harper obtient l'Environnement, un portefeuille que les conservateurs n'ont jamais considéré comme prioritaire jusqu'à maintenant.
Certains y voient une rétrogradation, mais le principal intéressé se dit très heureux de son nouveau poste où il espère pouvoir concilier sa passion pour la nature et le plein-air avec ses préoccupations économiques et ses inquiétudes au sujet de la sécurité énergétique du pays.
"Ce sera encore plus difficile dans le contexte actuel", a-t-il souligné. M. Prentice demeure président du comité du cabinet sur les opérations et conserve la responsabilité des pipelines.
La Belle Province a fait élire 10 conservateurs le 14 octobre dernier et la moitié d'entre eux ont été sélectionnés pour le nouveau conseil des ministres. Cependant, seuls Lawrence Cannon et Christian Paradis joueront des rôles de premier plan au gouvernement.
M. Cannon a été promu aux Affaires étrangères, tandis M. Paradis conserve les Travaux publics en plus d'hériter du poste de lieutenant politique au Québec. Il s'occupera en outre de la région de Montréal, qui n'a envoyé aucun représentant du parti gouvernemental à Ottawa.
Deux autres ministres québécois ont perdu du galon. Josée Verner est reléguée aux Affaires intergouvernementales, où elle n'aura pas beaucoup d'occasions de se faire entendre. Et Jean-Pierre Blackburn est rétrogradé au ministère du Revenu. Il prêtera aussi main forte au ministre de l'Agriculture.
C'est son voisin de circonscription, Denis Lebel, qui hérite de la gestion de l'agence de Développement économique Canada pour les régions du Québec.
Patrimoine canadien sera désormais dirigé par James Moore, un anglophone parfaitement bilingue dont même ses adversaires disent du bien.
Malgré sa victoire impressionnante dans la Beauce, Maxime Bernier a une nouvelle fois été écarté du cabinet. Stephen Harper ne lui a sans doute pas encore pardonné ses déboires avec Julie Couillard.
A sa sortie de Rideau Hall, Lawrence Cannon s'est dit extrêmement fier et très excité à la perspective de représenter le pays à l'étranger. Il a laissé entendre que son travail s'inscrirait dans la continuité de celui de David Emerson, à qui il succède.
Christian Paradis a de son côté promis de se retrousser les manches "pour que ça marche au Québec" pour les conservateurs.
"On voit que le parti s'enracine, a-t-il fait valoir lors d'un point de presse à l'issue de la première réunion du cabinet. On n'a pas eu de gains à proprement parler sauf qu'on a consolidé nos acquis et on voit qu'on peut continuer comme ça."
Le nouveau cabinet compte 26 ministres et 11 ministres d'Etat, qui auront droit à une voiture de fonction mais ne participeront aux réunions que sur invitation, quand les dossiers qui les concernent seront à l'ordre du jour. Leur rémunération est inférieure à celle des ministres.
Le nouveau gouvernement Harper compte par ailleurs 11 femmes, dont plusieurs nouvelles venues qui obtiennent des postes importants. La Torontoise Lisa Raitt s'en va aux Ressources naturelles, Gail Shea de l'Ile-du-Prince-Edouard supervisera les pêcheries, et Leona Agglukaq du Nunavut dirigera Santé Canada.
Rob Nicholson est toujours ministre de la Justice et Chuck Strahl, ministre des Affaires indiennes. Gerry Ritz n'a pas perdu le ministère de l'Agriculture, malgré ses commentaires déplacés pendant la crise de la listériose. Bev Oda a gardé le ministère de la Coopération internationale.
Jason Kenney, qui est en grande partie responsable de la percée des conservateurs auprès des communautés culturelles, a quant à lui obtenu le ministère de l'Immigration.
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