Stéphane Dion. LA PRESSE CANADIENNE
OTTAWA - Le chef démissionnaire libéral Stéphane Dion promet que son parti jouera pleinement son rôle d'opposition officielle aux Communes et n'exclut pas la possibilité de défaire le gouvernement si les projets de loi mis de l'avant ne satisfont pas les libéraux.
A la sortie de la deuxième rencontre du caucus de son parti depuis sa douloureuse défaite du 14 octobre, M. Dion a indiqué que les députés réunis jeudi lui avaient envoyé le signal qu'ils ne souhaitaient pas s'abstenir sur des sujets importants afin d'éviter le déclenchement de nouvelles élections.
"Si (M. Harper) arrive avec des projets de loi qui clairement sont inacceptables pour l'opposition officielle, je vais envoyer tout de suite le message à M. Layton, M. Duceppe et M. Harper: "ne comptez pas sur les libéraux pour garder ce Parlement fonctionnel, si vous ne voulez pas l'être"", a-t-il lancé en point de presse.
Il arrivait souvent aux libéraux, lors de la dernière législature, de s'abstenir ou de s'absenter lors d'un vote crucial pour éviter de faire tomber le gouvernement et d'être projeté dans une campagne électorale.
"Nous allons évaluer chaque vote à son mérite et, si nous croyons qu'il n'y a pas de mérite, nous allons voter tous ensemble, en équipe", a indiqué le chef libéral.
Les conservateurs ont déjà fait savoir que certains projets de loi liés à la justice, comme le durcissement des peines pour les jeunes contrevenants, allaient faire l'objet de votes de confiance en Chambre.
Course au leadership
A l'approche de la rencontre de l'exécutif du Parti libéral du Canada en fin de semaine, les idées fusaient et les opinions divergeaient sur les modalités de la course au leadership dans les rangs libéraux, jeudi.
Il revient cependant aux quelques membres de l'exécutif du parti de trancher la question, ce qu'ils feront samedi et dimanche.
M. Dion a indiqué qu'il "souhaitait le meilleur processus au moindre coût", même s'il trouve que Vancouver, où est prévu pour l'instant le congrès en mai, "n'est pas à l'autre bout du monde".
Plusieurs membres préféreraient que le congrès se tienne dans une province plus centrale, comme en Ontario ou au Québec. D'autres trouvent qu'un congrès au début du mois de mai est trop tardif et voudraient voir la date devancée.
Ce n'est cependant pas l'avis de Bob Rae, l'un des candidats déclarés dans cette course, qui souhaite que le prochain chef soit choisi comme il était prévu.
"On veut s'assurer que ceux qui veulent entrer dans la course puissent le faire et qu'il n'y ait pas de barrières artificielles qui entravent leur chemin", a-t-il expliqué.
Gerard Kennedy réclame la même chose, même s'il n'a pas encore décidé s'il se lançait dans la course cette fois-ci aussi.
Le député de Bourassa, Denis Coderre, qui devrait faire savoir la semaine prochaine s'il entend se lancer dans la course, propose pour sa part une toute autre approche.
Il ne veut pas d'un congrès à Vancouver, trop cher d'après lui, mais suggère que les délégués qui voteront pour le prochain chef tiennent 11 réunions simultanées, une dans chaque province et une à Ottawa, toutes reliées par satellite. Selon lui, ce serait la façon moderne et plus économique de choisir le prochain chef libéral.
L'argent est d'ailleurs l'une des préoccupations principales des éventuels candidats, la dernière course à la direction ayant coûté très cher, et de nombreux anciens candidats, dont Stéphane Dion, traînent encore des dettes.
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