Les arbres ont été transplantés et un angle du bâtiment a été coupé pour sauver une pruche centenaire.
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Quand l’environnement précède l’industrie
Des mesures exceptionnelles chez les Brasseurs du Nord
Laura Urtnowski aura bravé l’étonnement voire l’incrédulité des entrepreneurs chargés de concrétiser son projet d’agrandissement des installations des Brasseurs du Nord à Blainville, une quarantaine d’arbres ont été transplantés, un mur a été amputé pour contourner une pruche, les opérateurs de machinerie lourde ont dû travailler dans des espaces minimes pour éviter de raser le boisé, la géothermie et l’économie d’énergie ont dicté les nouvelles installations sur le site des Brasseurs du Nord.
«Il suffit d’y penser et de trouver d’autres moyens et méthodes pour éviter de raser un boisé sur les terrains industriels ou résidentiels. J’ai choisi ce site à Blainville à cause de son boisé et de ses ravins, un espace exceptionnel que la production ne doit pas saccager. C’est possible de faire autrement si l’on s’en donne la peine. Si l’expérience vécue ici par les entrepreneurs et travailleurs dans la réalisation de mon projet, qui ont dû répondre aux exigences de la protection maximale de l’environnement, leur est utile pour changer les pratiques, j’en serai déjà très heureuse», explique la présidente des Brasseurs du Nord.
Laura Urtnowski a mené le chantier en offrant des solutions au fil des contraintes rencontrées par les entrepreneurs qui étaient parfois éberlués. «S’il faut passer près d’un bâtiment avec la machinerie lourde, ce n’est pas nécessaire de couper tous les arbres, on peut passer entre eux, et au-dessus d’eux…», lance-t-elle. Elle a tracé les parcours qui devaient être empruntés pour réaliser les travaux, les racines ont été protégées par un aménagement spécial qui a par la suite été retiré, une grue plus haute a pu déposer les matériaux par-dessus les obstacles, et la concentration des travaux par quelques accès a épargné des arbres situés parfois à seulement quelques pieds des nouveaux murs. Un ingénieur forestier Luc Nadeau, a conseillé la présidente pour sauver ses arbres, et l’architecte a dû modifier un angle du nouveau bâtiment pour conserver une pruche centenaire, et veiller à ce que la nouvelle structure épouse le relief naturel du site.
«Ce n’est pas tellement plus cher que les méthodes traditionnelles, mais la valeur du site et de l’environnement dépasse largement les contraintes», assure Laura Urtnowski.
Les nouvelles installations disposent de procédés géothermiques innovateurs pour assurer le confort des personnes dans les bâtiments par la climatisation et la déshumidification des zones d’embouteillage et d’entreposage des bières. En termes d’efficacité énergétique, les mesures choisies permettent de récupérer la chaleur provenant du système de refroidissement des cuves, un mur solaire préchauffe l’air avant qu’elle ne soit utilisée dans les conduites internes de l’édifice. «Ces investissements seront récupérés au fil des ans par la réduction des coûts d’énergie, mais il fallait le faire dès maintenant», assure-t-elle.
Site naturel et bière naturelle
Les Brasseurs du Nord ont presque doublé la superficie de production initiale du boulevard Michèle-Bohec à Blainville. La production annuelle qui atteint maintenant environ 70 000 hectolitres des Brasseurs du Nord, qui avait débuté par une fabrication artisanale puis commerciale à Saint-Jérôme, n’a pas influencé les principes des fondateurs. L’ajout de bassins et de cuves, dont la capacité a doublé, dans les nouvelles installations respecte tout autant les bases de la fabrication naturelle de la bière. «Il n’y a pas d’agents de conservation dans nos bières, les ingrédients sont entièrement naturels, ce sont des spécialités que l’on déguste au Québec», précise la présidente. Une centaine de personnes travaillent à la fabrication de la bière Boréale, rousse, blonde, blanche, cuivrée, noire et dorée, à Blainville.
Les Brasseurs du Nord ont également fourni aux bars et restaurant, 1.2 million de verres de plastique recyclable contrairement à ce qui est généralement utilisé. Et de plus, la microbrasserie a versé une subvention de 60 000 $ pour le recensement des ours polaires au sud de la Baie d’Hudson. «Cette étude vise à évaluer l’effet des changements climatiques sur les populations d’ours populaires», précise Laura Urtnowski .
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(Photos : Pépé )