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État de grâce!

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 12 janvier 2007 à 13:33
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État de grâce!
Le numéro final du spectacle: incontournable, éblouissant, spectaculaire. (Photo David Gaubiac) Photo jesus 001.jpg
État de grâce!
L'audace, la créativité du metteur en scène et des artisans de la production «Jesus-Christ superstar» ont été récompensées; l'énergie débordante et l'enthousiasme contagieux des interprètes aussi. La troupe parascolaire ad hoc formée spécialement pour faire revivre cet opéra rock des années 1970 au collège Lionel-Groulx a gagné son pari les 6 et 7 janvier. Et pas à peu près.
«Quand il y a du plaisir sur scène, il y en a dans la salle» avait dit le très jeune metteur en scène Guillaume Turcotte aux treize interprètes en cours d'automne, sans doute pour motiver les troupes et traverser le spleen des répétitions.

Le message a été reçu 10 sur 10. Du plaisir, il y en avait à l'évidence sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx le soir des Rois et sans doute tout autant lors de la représentation du lendemain. Mais il y a plus. Atteindre de tels standards de qualité en relativement peu de temps, avec un spectacle musical exigeant chant, danse et interprétation théâtrale, et tout cela développé en activité parascolaire, comment est-ce possible?

Alain Turgeon, enseignant de musique au collège Lionel-Groulx, qui a encadré les répétitions des musiciens du band avait sa réponse toute prête, samedi soir après la première représentation: «Du travail, mon chum, c'est le travail!»

Près de quatre mois de répétitions pour les comédiens-interprètes et les musiciens et une préparation qui a commencé un an auparavant pour le metteur en scène, incluant la recherche et le choix de l'œuvre, expliquent sans doute en bonne partie le festin visuel et musical auquel nous avons pu participer.
La petite histoire d'une grande production
Quand Guillaume Turcotte, mandaté par le service socioculturel du collège Lionel-Groulx, a arrêté son choix sur «Jesus-Christ superstar» il y a près d'un an, il savait bien que monter un spectacle avec une référence religieuse aussi forte présentait un aspect casse-gueule... Si la religion catholique ne suscite plus de croisades, les sujets à connotation religieuse dans l'actualité divisent plus qu'ils ne rassemblent: l'intégrisme religieux, les accommodements raisonnables, etc.
Aussi, a-t-on décidé de donner un sérieux coup de jeunesse à l'opéra rock datant de 1971, en campant visuellement les personnages comme les acteurs de ce qui pourrait être un gang de rues! Ici il faut saluer un petit chef-d'œuvre à l'intérieur même de la production, signé Nicolas Paré: la conception et la réalisation des costumes, maquillages, coiffures et tatouages. On était vraiment ailleurs et les photos ci-contre parlent d'elles-mêmes…
Une réussite collective
Même présenté en version originale anglaise et immédiatement après les Fêtes, «Jesus-Christ superstar» fera ses frais, avec des entrées payantes de 600 spectateurs environ. Cela dit, la grande qualité du spectacle et l'énergie investie par les participants permettaient d'espérer un auditoire plus vaste.
Mais le choix des dates pour de telles productions étudiantes est très restreint, étant donné l'utilisation intensive de la salle par le Théâtre Lionel-Groulx, diffuseur régional de spectacles professionnels, explique Jean St-Arnaud du service socioculturel, qui dit tout de même pouvoir «vivre avec ça».

Et au-delà des recettes au guichet, cette nouvelle mouture d'un opéra rock à grand déploiement aura touché profondément. Dans une période où domine l'individualisme, voir un groupe d'étudiants s'investir autant dans un projet artistique marqué par la solidarité et la convivialité, fait vibrer ceux qui les accompagnent dans l'aventure. L'émotion était palpable samedi soir chez le «producteur» Jean St-Arnaud et l'enseignant en musique Alain Turgeon, tout autant que chez les spectateurs qui sortaient de la salle avec le visage radieux.

Ceux qui à tous les dix ou vingt ans lancent de grandes réflexions pour questionner le rôle des cégeps dans le système scolaire québécois, auraient peut-être trouvé enfin des éléments de réponse dans la salle du TLG les 6 et 7 janvier.

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