«Mon sac d’école», le projet humanitaire qui réalise le rêve de Corinne Chatel
Des sacs à dos et des uniformes qui profitent aux enfants burundais
Dans le cadre du concours «Réalisez votre rêve, organisé en collaboration avec le Mouvement des caisses Desjardins afin de souligner le 30e anniversaire du magazine «L’Actualité», Corinne Chatel de Blainville a présenté un projet intitulé «Mon sac d’école», qui a permis à 183 jeunes Burundais, parmi les plus pauvres, de débuter l’année scolaire avec tout le matériel dont ils ont besoin: un rêve devenu réalité pour la Blainvilloise.
Sur les 800 projets présentés, 50 ont été pigés au hasard et celui-ci est sorti grand gagnant. Grâce à son initiative, 183 jeunes Burundais des niveaux primaire et secondaire, ont reçu un sac à dos contenant des cahiers, des crayons, en plus d’un uniforme à leur taille (obligatoire au Burundi). Avec la somme de 3 500 $ qu’elle possédait, provenant essentiellement de dons, elle a réussi à concrétiser son programme et à faire la différence dans la vie de ces jeunes enfants démunis. «Je voulais faire quelque chose, et j’ai choisi l’éducation, parce qu’elle donne de l’espoir, des rêves, et les outils pour les réaliser», avoue Mme Chatel.
Une grande voyageuse
Corinne Chatel est née en France d’une mère canadienne de l’Alberta et d’un père français. À l’âge de 13 ans, la famille vient habiter à Montréal pour ensuite voyager en province et au Canada (Roberval, Toronto, Colombie-Britannique). Au début de la vingtaine, elle rencontre son futur mari, Gilles Traversy, pilote de ligne pour Air Canada. En sa compagnie, elle visite des pays de l’Amérique centrale, dont le Nicaragua et le Guatemala. Aujourd’hui, Mme Chatel est une jeune retraitée du personnel des bureaux administratifs des Services sociaux et d’Immigration Canada à Montréal. «J’ai décidé de cesser de travailler pour m’occuper des gens», admet-elle.
Le projet burundais
Après s’être occupée de réfugiés en compagnie de son mari, elle fait la connaissance d’une Burundaise, avec laquelle elle se lie d’amitié. C’est ainsi qu’au printemps dernier, sous les conseils et les encouragements de son amie burundaise, elle se rend à ses propres frais au Burundi, en périphérie de la capitale Bujumbura, afin de s’assurer de la faisabilité de son projet. «J’avais auparavant instauré des contacts, et établi en collaboration avec les autorités scolaire et municipale, une liste comportant les noms des enfants les plus nécessiteux.
Le Burundi est un pays d'Afrique centrale situé au sud du Rwanda, où près de 60 p. cent des adultes sont analphabètes. Il se place au 5e rang des pays les plus pauvres du monde. Ce pays a connu des génocides répétitifs tels qu’au Rwanda, et il essaie en ce moment de se relever de 12 ans de guerre civile. «C’est un peuple fort et fier qui ne vit pas de rancœur. Les autorités ont recommencé à rebâtir le pays malgré les difficultés, voilà pourquoi il faut les aider et offrir des outils aux enfants afin de préparer leur avenir», précise l’altruiste. Son projet s’adresse aux enfants les plus démunis, qui ne pourraient, sans cette aide, fréquenter une école soit: les orphelins, ceux atteints du SIDA, les enfants de familles déplacées à cause des guerres, et les enfants pygmées.
De plus, conformément à son intention, tout le matériel a été acheté localement (Il en coûte environ 20 $ afin de pourvoir aux besoins d’un élève pour l’année). Les uniformes sont confectionnés sur place tandis que le matériel provient principalement d’un pays voisin. «Tous les enfants possèdent les mêmes vêtements et le même sac à dos. De cette manière, il ne peut y avoir d’envie au sein des groupes», explique M. Traversy. Mentionnons que Mme Chatel effectue des suivis sur une base trimestrielle en collaboration avec les autorités scolaires, afin de s’assurer de l'assiduité des élèves et du bon fonctionnement du programme pédagogique. «Une famille aisée burundaise gagne un salaire moyen de 1 500 $ par année. Étant donné que les plus pauvres d’entre eux choisissent de se nourrir à défaut d’aller à l’école, leurs enfants auront le même problème plus tard, et ne seront donc pas instruits. C’est ce qui est malheureux, car l’instruction est la base d’une société évoluée », conclut-elle. Mme Chatel invite la population à visiter son site Internet
www.monsacdecole.org) et l’encourage à faire des dons pour la longévité du projet.