«Le trip de gang, je me suis servi de ça comme argument de vente avec les interprètes… Je dois donc laisser l'atmosphère de complicité s'établir», nous confiait Guillaume Turcotte. Photo de la répétition du mardi 31 octobre. (Photo Pépé)
«Jésus-Christ, superstar» présenté au début janvier à Lionel-Groulx
Dans la foulée des opéras rock produits depuis une dizaine d'années au collège Lionel-Groulx, le service socioculturel de l'établissement présente les 6 et 7 janvier au Théâtre Lionel-Groulx, l'opéra rock «Jésus-Christ, superstar», avec une distribution «full étudiante».
Il y a eu «Pink Floyd, The Wall» présenté au début 1999, puis «Hair» en septembre 2000- je me rappelle encore de l'étudiante relationniste de la production, Kathia St-Jean, qui pleurait en silence à mes côtés lors du numéro final!-, puis plus près de nous le «Big Bazar- Hommage à Michel Fugain» en 2002-2003.
Je n'évoque pas les sanglots de Kathia St-Jean pour rien! C'est pour vous dire l'énorme investissement personnel, émotif et professionnel qui accompagne ce genre de mégaproduction montée en activité parascolaire, investissement partagé non seulement par les vedettes de la distribution, les comédiens-interprètes, mais aussi par tous les artisans de l'équipe technique, les musiciens, etc.
Le très jeune metteur en scène de «Jésus-Christ, superstar», Guillaume Turcotte, 25 ans, est plutôt bien placé pour comprendre ce qui précède, lui qui a incarné Michel Fugain dans le dernier des spectacles évoqués précédemment, tout en ayant participé aux deux autres à titre d'interprète ou de choriste.
C'est lui, Guillaume Turcotte, qui a choisi l'oeuvre qui sera présentée en janvier, après le visionnement d'une dizaine de cassettes de spectacles musicaux…«Au début, comme plusieurs, je me suis dit: Jésus-Christ, superstar c'est dépassé… Puis j'ai trouvé que c'était meilleur que je le pensais, pas si daté que ça. Ça rejoint des préoccupations de l'époque actuelle: les jeux de pouvoir entre hiérarchies, c'est juste qu'aujourd'hui l'Église est remplacée par de nouvelles institutions. Même l'interaction entre Jésus et Judas est présentée comme un conflit de visions entre deux humains. Ça pose des questions intéressantes», nous explique-t-il.
Guillaume rappelle que l'opéra rock «Jésus-Christ, superstar» présenté en version originale anglaise dans les années 1972-73, a été joué en huit langues dès l'année suivante et n'a cessé d'être repris depuis, tout en étant actualisé du point de vue de la mise en scène.
Des choix de mise en scène
Quand le jeune metteur en scène parle de ses choix pour monter l'opéra rock version 2006-07, ses mots sonnent parfois comme ceux de Guy Carbonneau, l'entraîneur chef du Canadien de Montréal: «Je veux garder ça simple!» Y aller avec de gros icônes, pour que le message soit compréhensible facilement, dit-il, d'autant plus que le spectacle sera joué en version originale anglaise: «J'aime moins les traductions. Il y avait une perte d'intensité dans la version française», justifie-t-il.
Les décors, les costumes et l'utilisation de la scène seront donc conçus pour être très révélateurs, symboliques, et les musiciens seront présents sur scène et non dans la fosse d'orchestre, précise Guillaume Turcotte.
Les treize comédiens-interprètes choisis après des auditions répètent sérieusement, plusieurs fois la semaine depuis septembre, alors que de leur côté les musiciens avancent aussi dans les pièces sous la direction de l'enseignant de musique Alain Turgeon. Guillaume Turcotte est bien conscient que la responsabilité que la sauce prenne lui revient en bonne partie, lui qui en est à sa première mise en scène d'une telle envergure.
Et là, Guillaume a un coup de nostalgie pour son mentor, le metteur en scène Christian Gilbert qui a piloté les trois opéras rock montés en parascolaire à Lionel-Groulx énumérés plus bas et auxquels Guillaume a participé: «Des fois je me surprends à dire aux interprètes les mêmes choses qu'il nous disait, dans des moments semblables.»
Et le mot de la fin, monsieur le metteur en scène? «Le spectacle est une fantaisie par rapport à l'histoire de Jésus. Je ne veux pas que les gens soient blessés par cette histoire-là, j'ai même une petite peur à ce sujet. On véhicule des valeurs actuelles, peu importe les croyances de chacun. J'espère que les gens vont donner la chance au spectacle. À la limite, ça peut être vu seulement comme un spectacle coloré et vivant.»
Et, charme non négligeable des productions étudiantes, on ne veut pas faire d'argent! Aussi, les billets sont-ils à 15 $, 10 $ en prévente jusqu'au 1er décembre, disponibles à la billetterie du Théâtre Lionel-Groulx.
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