Luc Couillard a profité de son séjour pour visiter Bamako et les environs, ainsi que participer à plusieurs événements qui marquent la vie des Maliens. (courtoisie)
Le congé solidaire de Luc Couillard
Remplacer ses vacances annuelles par une mission de coopération internationale de courte durée, avec la bénédiction de son employeur, telle est l’aventure vécue récemment par l’urbaniste Luc Couillard, un résidant de Sainte-Thérèse qui travaille à la Ville de Montréal dans le secteur des transports. Cette formule pourrait d’ailleurs intéresser de nombreux professionnels et spécialistes de divers domaines.
Du 8 novembre au 6 décembre 2009, Luc Couillard a séjourné à Bamako, capitale du Mali au centre de l’Afrique, dans le cadre d’une mission de coopération en matière de transport, plus précisément dans les domaines de la sécurité routière et du transport en commun.
Ce projet a été rendu possible grâce à la formule du congé solidaire géré par Uniterra et le Centre d’étude et de coopération internationale (voir autre article à ce sujet).
Pendant les quatre semaines de son séjour à Bamako, Luc Couillard a travaillé activement avec les fonctionnaires de la capitale du Mali, en tentant de promouvoir l’expertise acquise ici en matière de transport et de transport en commun en particulier.
Bamako a d’immenses problèmes de transport, ne comptant que sur deux ponts pour relier la ville de chaque côté du fleuve Niger; de plus, la présence d’innombrables motos et de véhicules en mauvais état y crée en outre une pollution épouvantable, nous résume Luc Couillard.
«Ils pensent que le développement passe par le tout-à-l’auto. Ils sont mindés comme on pensait il y a vingt ans!», commente l’urbaniste qui a expliqué la formule des CIT québécois à ses homologues africains, une structure qui pourrait selon lui rendre service là-bas.
Luc Couillard a livré neuf conférences d’une heure pendant son séjour, participé à un audit de sécurité routière et formulé des avis sur le projet de tramway que l’on veut lancer l’an prochain, à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance du pays.
L’Afrique, toujours un choc culturel
«Je pensais que je connaissais l’Afrique, j’avais vu des villes beaucoup plus organisées auparavant», nous confie Luc Couillard qui a déjà séjourné à trois reprises en Afrique, à titre d’étudiant, de professeur, puis de consultant, dont deux fois au Maroc.
À la pollution due à la présence des nombreux véhicules en mauvais état s’ajoute celle du chauffage au bois généralisé pour cuire la nourriture; de plus, Luc Couillard a connu la période où l’harmattan, ce vent venant du désert qui soufflait constamment sur Bamako.
Le pays est musulman à 99 %, la prière faisait donc partie du quotidien de travail et des réunions. Et la présence des Blancs demeure un phénomène d’exception: «Nous étions 400 Blancs parmi quelques millions d’Africains à Bamako», fait remarquer Luc Couillard qui a ressenti le sentiment d’être très minoritaire au sein d’une population. De plus, les Africains du Mali sont format géant, fait-il remarquer.
«Notre expertise est appréciée parce que nous sommes nord-américains, nous n’avons pas de passé colonial. C’est frappant de voir combien il y a de Canadiens et de Québécois qui travaillent là-bas à toutes sortes de projets», affirme Luc Couillard qui se dit intéressé à repartir pour une autre mission éventuellement, mais de plus longue durée. «Lors d’un court séjour, on ne fait qu’effleurer, le temps de trouver nos repères, de se familiariser avec la ville», pense-t-il.
Sa motivation? «La reconnaissance et la valorisation de ce qu’on fait par les gens qui nous reçoivent», nous dit-il spontanément.