Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Journal le Courrier
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Quarante ans plus tard, les fantômes de 1968 font toujours peur

Le collège Lionel-Groulx a décrété mercredi une suspension complète des activités

par Donald Brouillette
Voir tous les articles de Donald Brouillette
Article mis en ligne le 10 octobre 2008 à 6:00
Lisez les 2 commentaires à propos de cet article / Réagissez à cet article
Quarante ans plus tard, les fantômes de 1968 font toujours peur
Les membres de l'association étudiante de Lionel-Groulx se demandaient encore mercredi midi, ce qui avait conduit la direction à prendre la décision de fermeture, un événement qualifié de «surréaliste» par une enseignante du collège. (Photo David Gaubiac)
Quarante ans plus tard, les fantômes de 1968 font toujours peur
Le collège Lionel-Groulx a décrété mercredi une suspension complète des activités
Un rassemblement étudiant convoqué le 8 octobre à 17 h, pour souligner notamment le 40e anniversaire de l'occupation du collège Lionel-Groulx par les étudiants en 1968, a incité la direction du collège à suspendre tous les cours et toutes les activités et à mettre la clé dans la porte.
Disant vouloir ainsi assurer la sécurité des étudiants et du personnel du collège, la direction explique sa décision «à la suite d'informations annonçant un rassemblement au Collège, par des groupes externes, le 8 octobre», peut-on lire dans le communiqué de presse émis par l'institution.

«La direction du Collège avait toutes les raisons de croire qu'un appel à une occupation politique du Collège Lionel-Groulx, lancé par le Comité du 8 octobre révolutionnaire pouvait impliquer la participation du Mouvement révolutionnaire étudiant et du Parti communiste révolutionnaire», ajoute-t-on. La directrice générale Monique Laurin disait craindre des désordres et des dégâts matériels comme lors d'événements antérieurs survenus au cégep du Vieux-Montréal et à l'UQÀM notamment.

Enfin, le communiqué ajoute que les répondants locaux de l'organisation de cette activité, membres de l'association étudiante, ont refusé de se conformer aux procédures courantes au collège, soit de se porter garants de la sécurité de l'événement et de signer le protocole d'entente pour l'utilisation des locaux.

Quelques étudiants membres de l'association étudiante de Lionel-Groulx interviewés mercredi midi dénonçaient par ailleurs l'attitude de la direction- «une mascarade» disent-ils- qui aurait feint de négocier avec eux jusqu'au dernier moment, alors que la décision d'empêcher le rassemblement semblait prise en haut lieu.

Ainsi, un message laissé sur la boîte vocale de l'association étudiante de Lionel-Groulx, entre le lundi soir 6 octobre et le matin du 7, annonçait que le collège serait fermé mercredi, alors que la direction continuait ses pourparlers avec les membres locaux du comité organisateur de l'événement.

Le «Comité du 8 octobre révolutionnaire» avait annoncé pour sa part que l'activité prendrait la forme «d'une assemblée publique qui ouvrira les discussions et les échanges politiques, les débats, activités culturelles et thématiques au programme. Une table ronde réunissant des anciens militants de différentes époques est également à l'horaire.»

La porte-parole du syndicat des enseignants du collège, Christiane Carrère, tout en disant ne pouvoir se prononcer sur le bien-fondé de la décision de fermer l'institution, faute d'informations suffisamment validées, déplorait le secret qui a entouré la chose. En effet, les enseignants qui avaient cours à 8 h mercredi matin ont été avisés au téléphone tôt le même jour, par leur coordonnateur de département, lui-même joint par un cadre du collège…

Au moment d'aller sous presse, on ne savait toujours pas combien «d'invités» à ce grand rassemblement, à savoir des étudiants et étudiantes de la grande région de Montréal, se présenteraient tout de même au rendez-vous et où l'activité pourrait se tenir.



(Photo David Gaubiac)

Ces articles pourraient également vous intéresser

Affichage des photos

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Antoine Fortin

Commentaire mis en ligne le 11 octobre 2008
Bien d'accord avec monsieur Robillard.
Je parlerais encore plus de répression politique dans ce cas-ci et la SQ est dans le coup. En effet, celle-ci aurait pris contact avec la direction du Collège pour les avertir que les groupes politiques concernés allaient faire du "grabuge" tout comme au cégep du Vieux-Montréal à l'hiver dernier. Hors, les groupes politiques concernés (en l'occurence, le Parti Communiste Révolutionaire et le Mouvement Étudiant Révolutionnaire) ne sont pas entrés en jeu lors de ces événements si ce n'est que la dénonciation de la répression et des abus policiers qui ont amené 102 arrestations dans la brutalité.
Ce n'est pas la première fois que le Parti Communiste Révolutionnaire connait la répression de la SQ dans la région. On se rappellera que le 11 août 2007, 4 corps policiers avaient étés déplacés pour "encadrer" une manifestation organisée par cette organisation à St-Jérôme. La manifestation (qui avait rassemblée une cinquantaine de personnes) se solda alors avec 9 arrestations sous des motifs totalement farfelus du genre "on vous a dit de ne pas marcher dans la rue et vous le faites quand même".

Je suis d'avis que, si des étudiants ou tout autres individus souhaite discuter de politique, on doit leur en laisser le droit et l'espace nécessaire, peu importe ce que peut en dire la SQ, la Régie de Police Thérèse-de-Blainville ou la direction du Collège Lionel-Groulx
De toute évidence, les mouvements de contestation sont de plus en plus durement réprimés par les forces de l'ordre. Pas de justice: Pas de paix!

Adrien Robillard

Commentaire mis en ligne le 10 octobre 2008
La décision de la direction du Collège Lionel-Groulx d'avoir fermé les portes mercredi dernier n'est rien de moins qu'une décision politique! Elle tente de cette façon de monter les étudiants contre leur association étudiante en érigeant cette dernière comme responsable des événements. Mais ils ne sont pas dupes et savent bien quels sont les motivations derrière cette mascarade...

Chez nos voisins