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Le secteur communautaire, toujours un lieu d'emplois sous-payés

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 22 septembre 2008 à 5:00
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Le secteur communautaire, toujours un lieu d'emplois sous-payés
Linda Déry, coordonnatrice du Regroupement des organismes communautaires des Laurentides. (Courtoisie)
Le secteur communautaire, toujours un lieu d'emplois sous-payés
«Si rien ne change à l’Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides, les organismes communautaires resteront un secteur d’emploi où l’on retrouvera majoritairement des femmes mal payées et grandement sous-évaluées», affirme Linda Déry, coordonnatrice du Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL), à la suite de l’analyse du dernier budget régional de l’Agence de santé et des services sociaux des Laurentides.
«L’augmentation de 2,6 % du budget consacré aux organismes communautaires ne leur permettra sûrement pas d’améliorer de façon significative les conditions de travail de leurs employés. Et comme on sait que ce sont des femmes à 90%, ce sont donc elles les grandes perdantes de cet exercice budgétaire», constate Linda Déry. «Ce que ça va prendre à l’agence et au ministère, c’est un réel changement de culture. Il va falloir arrêter de penser que les organismes communautaires sont un déversoir où le réseau de la santé et des services sociaux peut faire exécuter le travail à moitié prix!», déplore-t-elle.

Études sur l’impact du sous-financement à l’appui, le ROCL réclame depuis un an un réinvestissement majeur de la part de l’agence. Près de 8,5M $ supplémentaires seraient nécessaires pour permettre aux 128 organismes communautaires des Laurentides d’offrir à leurs 1 000 employés, des conditions de travail semblables à celles des autres secteurs d’emplois au Québec.

Actuellement, les travailleuses et travailleurs du communautaire gagnent  47 % de moins que le revenu moyen de travail au Québec. Comment expliquer l’importance de cet écart? «Sûrement pas à cause d’un manque de compétences», de réagir Linda Déry.

Les plus récentes études démontrent en effet que les personnes oeuvrant dans ces organismes ont un taux d’obtention de diplôme nettement supérieur à la moyenne (41 % diplôme collégial / 22% dans la population en général – 35 % de premier cycle universitaire / 21 % en général). Sur le marché du travail, les emplois moins bien payés sont souvent ceux que l’on associe au travail accompli par les femmes. Comme les emplois dans les organismes sont essentiellement occupés par des femmes, la coordonnatrice du ROCL y voit un lien direct.

«Malgré les importantes avancées sur la question de l’équité salariale, le gouvernement maintient, par le biais de ses agences de santé et des services sociaux, un vaste secteur d’emploi traditionnellement féminin dans la pauvreté et la précarité». «Les gens à l’Agence sont au fait de la situation, mais l’amélioration des conditions de travail dans le communautaire ne fait pas partie des priorités régionales, ni de celles du ministre de la santé d’ailleurs», de poursuivre la coordonnatrice.  

Depuis trois ans, les représentantes nationales des organismes communautaires, dont Linda Déry, ont tenté vainement de rencontrer l’ex-ministre de la santé Philippe Couillard pour discuter de la mise sur pied d’un plan national de redressement d’urgence. On souhaite que l’actuel ministre Yves Bolduc soit plus sensible. D.B.

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