Michel Simard, Directeur de la formation continue et services aux entreprises au collège Lionel-Groulx, a participé antérieurement à la production de «La planification de la retraite», pour le compte du Centre éducationnel Inter-Âge du cégep Marie-Victorin.
(Photo Pépé)
Retraite: vivre selon ses moyens ou se donner les moyens de la retraite?
Le document «La planification de la retraite» coordonné par Michel Simard fournit d'intéressantes réflexions à ceux qui à l'aube de la cinquantaine, commencent à réfléchir à l'aspect financier de leur retraite et qui se demandent comment planifier leur budget de retraite, sans connaître vraiment l'impact de nombreux imprévus qui ne manqueront pas de survenir.
Avant même d'aligner les colonnes de chiffres, d'identifier les revenus et les dépenses prévisibles, on suggère plutôt d'identifier nos besoins, les moyens disponibles pour satisfaire ces besoins et se fixer des échéances pour la réalisation de ses projets.
«Comment se fait-il que lorsqu'il s'agit de planification personnelle, on commence la plupart du temps par la deuxième étape, celle des moyens? Serait-ce parce qu'on s'est trop longtemps fait répéter: il faut vivre selon ses moyens?», s'interroge-t-on.
On suggère donc l'exercice initial suivant, lorsqu'on commence à planifier financièrement sa prise de retraite... Il faudrait répondre à deux questions fondamentales, la première: il faut se donner les moyens de vivre selon ses besoins, mais quels besoins? La deuxième: si je ne pouvais satisfaire qu'un seul besoin, lequel choisirai-je?
Quels besoins? Question banale en apparence, reconnaît-on. Si on se laisse aller à vraiment jouer le jeu, on verra apparaître dans la liste, des besoins matériels, des besoins d'ordre physique et des besoins psychologiques aussi. «Parler de cela dans un budget peut paraître surprenant. Mais les dépenses, ou la satisfaction des besoins, se situent vraiment à ce niveau-là.»
Évidemment, la liste des besoins étant dressée, il faudra bien passer à l'étape suivante qui est d'établir des priorités et de découvrir ce qui est le plus important pour soi. Par cette deuxième question, on reprend la liste des besoins rêvés et de ceux-là, il faut en retenir deux ou trois autour desquels s'organisera le budget.
L'ouvrage de Michel Simard précise: «Remarquons que les priorités choisies de cette manière ne sont jamais, ou presque, celles que l'on trouve dans les budgets traditionnellement officiels: se loger, se nourrir, etc.»
Et on donne l'exemple de cette ex-enseignante maintenant à la retraite, qui a toujours voulu voyager au cours de sa vie, sans avoir pu le faire. Lorsqu'elle est chez elle, à Montréal, elle loge dans une petite chambre équipée d'un mini réfrigérateur et d'une cuisinière tout aussi minuscule. Mais quels beaux voyages elle se paye!
Pour un autre, ce sera le bricolage sa priorité. Sa résidence aura des dimensions autrement plus grandes que l'enseignante retraitée, mais lui ne voyage pas. Son voyage, c'est le bricolage!
Lorsqu'il est question d'un couple qui arrive à la retraite, la démarche précédente suppose une forme de négociation: «Jusqu'ici, chacun a répondu individuellement. Mais arrive le moment de se dévoiler mutuellement ses priorités et de négocier ce qui est le plus important pour le couple.»
Cette étape de l'identification des besoins étant complétée, on peut formuler ces besoins en projets et en déterminer les coûts; c'est la partie du budget qu'on appelle les dépenses. Dans un prochain article, on verra les moyens disponibles pour satisfaire ces besoins, les revenus, qu'ils soient de sources publique ou personnelle.
(Photo Pépé)