Pénélope Moreau, 14 ans, fille de l'exproprié Alain Moreau, oblige un peu tout le monde à faire un devoir de mémoire, à l'occasion de l'inauguration du parc riverain à Bois-des-Filion. (Photo David Gaubiac)
Pénélope Moreau se souvient… du temps d'avant le parc riverain
L'annonce de l'inauguration du parc riverain à Bois-des-Filion a fait ressurgir de douloureux souvenirs chez Pénélope Moreau, 14 ans, fille de l'une des familles expropriées pour l'implantation du parc. Dans plusieurs courriels et lors d'une rencontre, elle a accepté de partager avec les citoyens de Bois-des-Filion et les lecteurs du journal, les émotions qui lui remontaient dans la gorge à l'approche du 1er juin.
Le dimanche 1er juin, Pénélope Moreau n'est pas allée à l'inauguration du parc riverain à Bois-des-Filion, elle est restée chez elle. Elle devait y aller, mais finalement ça s'est révélé une épreuve trop difficile et peut-être inutile.
Au moment de l'expropriation de sa famille, rue Gérard, Pénélope était bien jeune. Son père, qui a combattu avec l'énergie du désespoir son expropriation par la municipalité aux fins d'y créer un parc riverain, est même surpris des souvenirs vivaces qu'elle en retient.
«Nous étions toujours en train de nous entraider et lorsque quelqu'un avait besoin de nous ou qui que ce soit d'autre, tout le monde était présent. Chacune des personnes qui habitait ce coin se connaissait car je suis née dans cette maison et j'y ai grandi», rappelle-t-elle.
«J'étais jeune lorsque nous avons dû quitter notre maison afin de se retrouver un autre chez-soi où nous pourrions enfin s'établir en n'ayant pas peur de perdre un combat juridique», poursuit Pénélope.
«J'ai l'impression d'avoir perdu une part de moi-même et j'ai peur de ne jamais pouvoir la retrouver», nous écrivait l'adolescente de 14 ans, qui se souvient des maisons placardées dans son quartier, puis de l'incendie de sa maison, tout comme de la saga juridique jusqu'en Cour suprême opposant la municipalité de Bois-des-Filion à sa famille et à celle d'Hugues Poelman.
S'adressant plus particulièrement aux résidants des 57e à 59e avenues, Pénélope dit ne pas comprendre leur passivité et leur abstention à l'époque, dans le débat opposant les deux familles précitées à la municipalité.
Pénélope reprend une citation de son père, lancée en pleine séance du conseil municipal à l'époque, au maire Paul Larocque: «Tu me tues!», avant de faire la preuve que la vie, finalement, est plus forte que tout… «Quand j'étais petite c'est vrai j'aurais facilement cru cela et il me semble évident que ma famille et mes voisins ont beaucoup souffert dans ces temps-là. Mais maintenant je trouve que ma famille est plus vivante que jamais et que mon père et ma mère ne pourront peut-être pas remplacer tous mes souvenirs d'enfance qui sont passés au feu lors de votre exercice, mais maintenant ils se sont reconstruits avec le peu que vous nous aviez laissé.»
Pénélope… Si dans la mythologie grecque ce prénom est synonyme de fidélité conjugale, Pénélope Moreau, elle, exprime ici une grande fidélité à sa famille et à ses racines et aussi une grande force de caractère pour ses 14 ans.
claude-andré Massé
Commentaire mis en ligne le 23 juin 2008J'ai lu cet article avec beaucoup d'émotions. Il est clair que ce qu'a vécu Pénélope est un désastre pour sa famille. Le parc riverain est une autre des idées de grandeur du maire Larocque qui semble se prendre pour Jean Drapeau.
La piste cyclable multifonctionnelle qu'il s'apprête de construire pour " unifier " le Nord et le SUD est un exemple frappant d'un chef sans vision avec l'esprit de clocher qui caractérisait combien de nos anciens "petits . maires de centres ruraux d'une autre époque.
Ce maire n'a aucun sens de l'écoute. Il agit sous pression et fera d'autres victimes comme ce fût le cas lors de l'expropriation de a famille Moreau.
Un message pour M. le maire...on est pas à Montréal, on est à Bois-des-Filion. Si vous avec des idées de grandeur à la Drapeau, présentez-vous à Montréal et fichez-vous la paix avec vos projets " tous croches "