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Théâtre: les contestataires de 1968 revisités

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 5 avril 2008 à 5:24
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Théâtre: les contestataires de 1968 revisités
La création collective «Occupation '68» évoque aussi le changement social du milieu des années '60 à travers la montée du féminisme et la libéralisation des mœurs sexuelles. (Photo David Gaubiac)
Théâtre: les contestataires de 1968 revisités
Quatorze élèves de troisième année de l'Option Théâtre du collège Lionel-Groulx ont accouché récemment, n'ayons pas peur des mots, d'un petit chef-d'œuvre: la création collective «Occupation '68» qui fait revivre l'épisode de l'occupation du collège par les étudiants en octobre 1968. Le Courrier assistait à l'une des représentations.
Déjà, la mise en situation des spectateurs était fumante! Nous étions 60 ou 80 réunis comme des conspirateurs ou des membres d'une société secrète, dans l'atelier de décor de l'Option Théâtre qui se trouve sous la scène du Théâtre Lionel-Groulx, à écouter une marionnette qui par un mince espace horizontal dans les portes du monte-charge, nous brossait à grands traits les faits marquants de l'histoire du 20e siècle précédant 1968.

Mais étions-nous vraiment des conspirateurs? À travers les visages familiers des cégépiens d'aujourd'hui se détachait le triumvirat de la direction qui a affronté, il y a 40 ans, les méchants contestataires: Charles Valois, Léon Debien et André Dubois, respectivement directeur général, directeur des études et directeur des services aux étudiants au collège Lionel-Groulx en 1968.

Cette introduction inopinée des spectateurs à «Occupation '68» ne servait que de préambule à ce qu'on allait retrouver, quelques minutes plus tard, sur la grande scène du Théâtre Lionel-Groulx, fermée par des rideaux noirs sur les quatre côtés pour la circonstance, les spectateurs se retrouvant sur la scène en périphérie de l'espace de jeu.

Rendons ici hommage aux auteurs (es) de cette création collective, ils ont laissé bien peu de choses au hasard. Leur prestation témoigne d'une recherche historique méticuleuse et d'une grande sensibilité à l'égard de leur sujet. Mieux, les jeunes comédiens et comédiennes de l'Option ont su faire leur, pour une heure trente, l'idéalisme, la naïveté parfois et le bouillonnement idéologique qui animaient les contestataires d'octobre 1968 au collège Lionel-Groulx et ailleurs.

«Occupation '68» n'est pas qu'une simple reconstitution des événements survenus au collège Lionel-Groulx, mais une évocation intelligente du changement social global qui avait commencé à se manifester ici, comme dans la plupart des sociétés occidentales. À travers les destins individuels des personnages, on aborde la libéralisation des mœurs sexuelles, le rejet des rôles traditionnels dans la famille, le féminisme, l'émergence de nouveaux leaders, etc.
Galerie de personnages
Cette création collective est aussi pour ses quatorze concepteurs, qui sont des comédiens et comédiennes en formation, l'occasion de jouer une galerie de personnages allant du leader charismatique au scribe du journal étudiant, en passant par les gars de l'équipe de football qui gardent les portes (!), le type mal dans sa peau et maladroit avec les filles jusqu'à l'amoureuse éplorée, etc.
Et la véracité historique fait sourire, quarante ans plus tard. «Nous votons l'occupation permanente du collège Lionel-Groulx». Permanente. «L'assemblée générale est ouverte à perpétuité.» À perpétuité, tiens donc!

L'un des principaux leaders étudiants de la contestation d'octobre 1968 au collège Lionel-Groulx, Denis Drapeau, a assisté à l'une des représentations du mercredi 26 mars, où il s'est dit enchanté du résultat, affirmant que c'est un spectacle qui devrait être vu un peu partout au Québec, nous a confié un membre de la troupe d'Occupation '68. Denis Drapeau a bien raison! À commencer par le collège Lionel-Groulx, il faudrait trouver une voie pour que cette production soit vue par plus de 350-400 personnes, comme ce fut le cas du 21 au 26 mars. En octobre prochain peut-être?

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(Photo David Gaubiac)

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