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Tête-à-tête avec Mignonne

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 22 mars 2008 à 5:24
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Tête-à-tête avec Mignonne
Dans l'ordre habituel, Alex Beaudoin-Tousignant, Geneviève Boivin-Roussy, Patricia Gagnon et Jacinthe Gilbert. (Photo Pépé)
Tête-à-tête avec Mignonne
Avouons-le, ce n’était pas si simple, ce tête-à-tête avec Mignonne... D’abord Mignonne a trois têtes, Patricia, Geneviève et Jacinthe et un inséparable ami, Alex, qu’il fallait intégrer. Finalement, on a réussi à être là en même temps tous les deux, enfin tous les cinq, le temps d’un rendez-vous pour comprendre les origines de la création «La chambre de Mignonne» qui s’en va le 26 avril à la finale nationale du concours Cégeps en spectacle.
Patricia Gagnon et Jacinthe Gilbert étudient en Théâtre musical au collège Lionel-Groulx, où elles en sont à leur deuxième année; elles y sont venues l’une de sa lointaine Rimouski (Patricia), l’autre de la région de Drummondville après un premier DEC en danse (Jacinthe). Geneviève Boivin-Roussy est la seule fille du groupe qui soit originaire de la région immédiate de Sainte-Thérèse; étudiante en Théâtre interprétation 3e année, elle a connu Patricia par un ami commun. Enfin, Alex Beaudoin-Tousignant qui termine ce printemps le programme en cinéma à Lionel’ fait partie du réseau rapproché des filles. Un groupe tissé serré.

Depuis la fin de l’été, Patricia avait dans la tête des paroles, une composition pouvant servir de canevas pour un numéro à Cégeps en spectacle; de son côté, Jacinthe tripait fort sur un poème de Jacques Prévert dont le propos se rapprochait des préoccupations de sa copine de Théâtre musical. Le profil de la femme-enfant commençait à se dessiner. Patricia a pensé à Geneviève pour l’incarner... «Geneviève est une comédienne incroyable!» s’exclame-t-elle. Comme on dit dans les beaux milieux, Geneviève Boivin-Roussy s’est sentie tout de suite interpellée: «C’était l’occasion de participer à un projet de création, à un processus de création. (...) C’est difficile le passage de l’enfant à la femme dans notre société», nous dira celle qui fêtait son vingt-troisième anniversaire le jour du rendez-vous.

Le numéro embryonnaire présenté lors des auditions cet automne au collège Lionel-Groulx a été peaufiné et travaillé jusqu’à sa présentation en février dernier, à la finale locale, nous confirmait Jean St-Arnaud du service socioculturel du collège, qui encadre le groupe dans leur cheminement à l’intérieur du concours provincial Cégeps en spectacle.
«La chambre de Mignonne»
Le nom du numéro a été suggéré par Patricia Gagnon, à partir d’un sobriquet que lui donnait une tante. Finalement, deux poèmes de Prévert ont été utilisés pour le texte de Mignonne: «C’est l’amour qui m’a faite» et «Je suis comme je suis». La trame sonore a été confiée à Alex Beaudoin-Tousignant qui y a intégré une composition au piano de Guillaume Rivard.
Et puis plusieurs brillantes trouvailles de mise en scène ont émergé. Comme cette lente amorce, avec des lampes qui s’allument et s’éteignent en alternance en début de numéro. Et l’eau! «Merci les techniciens et les techniciennes de scène», font dire les trois têtes de Mignonne... La présence d’un vaste bassin d’eau au sein des modules qui délimitent la chambre de Mignonne sur la scène n’a pas été sans créer quelques maux de tête à certains.

Comment les conceptrices réagissent-elles à l’accueil réservé à leur création, tant à Sainte-Thérèse qu’à Saint-Jérôme? «On prend de la confiance à chaque fois. C’est comme un journal intime présenté devant tout le monde», explique Geneviève Boivin-Roussy. Pour leur part, Patricia et Jacinthe sont assez fières de créer quelque chose en théâtre musical qui s’éloigne des sentiers battus et qui laisse entrevoir le champ immense des possibilités de cet art méconnu.

Et au delà de l’aspect compétition du concours Cégeps en spectacle, les trois filles sont surtout heureuses d’avoir l’occasion de jouer une troisième fois leur «chambre de Mignonne», à Saint-Félicien dans un mois.

Au moment de prendre congé de Mignonne, à regret il faut bien le dire, la vie quotidienne reprenant ses droits, j’ai cru entendre dans mon dos comme un doux écho: «Je suis comme je suis, je suis faite pour plaire et je ne peux rien changer.»

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