L'équipe de Coordination de la surveillance, de la recherche et de l'évaluation de la Direction de la santé publique des Laurentides qui a réalisé l'étude: de gauche à droite Caroline Dufresne, Hélène Michaud, François Lapointe, Barbara Huot, Sylvie Nadon et Annie Thériault. (Photo Pépé)
60 % des adultes se croient en bonne santé, mais 60 % disent aussi souffrir d'un mal chronique
Une étude de la Direction de la santé publique met la table pour la prévention et la promotion de la santé
La Direction de la santé publique des Laurentides a dévoilé le 14 février un «Portrait de la santé et du bien-être des adultes de 18 à 64 ans de la région» qui fournit une foule de renseignements sur l'état de santé physique et mental, les conditions de vie et les comportements de la population des Laurentides.
«L'état de santé des adultes analysé dans ce portrait étant le résultat de leurs habitudes de vie et de leurs comportements des vingt à trente dernières années précédentes, il est important d'investir dans la promotion de la santé et la prévention des facteurs de risque si l'on souhaite améliorer l'état de santé de la population adulte des prochaines générations», faisait remarquer Blandine Piquet-Gauthier, directrice de santé publique de la région.
Et il y a du travail à faire… Globalement, plus de la moitié des adultes de la région ont adopté plus d'une habitude de vie à risque, que ce soit la sédentarité, la consommation insuffisante de fruits et de légumes, le tabagisme, une consommation élevée d'alcool. Des problèmes de santé évitables comme l'obésité et le diabète sont en progression dans la région, tout comme au Québec dans son ensemble.
De plus, la région des Laurentides est promise à un vieillissement accéléré de sa population au cours des dix prochaines années, notamment à un accroissement plus rapide qu'au Québec des adultes de 55 à 64 ans, à cause de la migration en provenance d'autres régions au moment de la retraite.
Les données du portrait sont aussi présentées et interprétées en fonction des sexes, dans le but de soutenir une planification des services répondant plus finement aux besoins spécifiques des hommes et des femmes, explique le Dr Piquet-Gauthier.
Plusieurs différences selon le sexe
On remarque que le taux de décès par tumeurs malignes chez les femmes est plus élevé dans la région que la moyenne provinciale, particulièrement pour le cancer du poumon. Chez les hommes, le taux de mortalité relié aux accidents de véhicule à moteur est aussi plus élevé qu'au Québec.
L'étude a relevé une nouvelle fois que les conditions socioéconomiques des femmes de la région sont en général inférieures à celles des hommes, tout en mesurant une amélioration de la scolarité chez les femmes de 25 à 44 ans.
La détresse psychologique se manifeste différemment aussi chez les hommes que chez les femmes. Les femmes sont davantage affectées par les troubles de l'humeur et par l'anxiété, alors que les hommes sont aux prises avec des problèmes d'alcool, de drogue ou de jeu. Et les hommes se suicident davantage pour mettre fin à leur souffrance, dans une proportion de quatre hommes pour une femme.
On le voit, l'étude est vaste et pourra servir tout autant au planificateur des services de santé de la région qu'à ceux qui désireraient pousser plus loin la recherche dans une problématique particulière. Le document est disponible sur le site Internet de l'Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides au
www.rrsss15.gouv.qc.ca